“actu police”

24 Avril 2011

Picole

Je me demande si un pacte n’aurait pas été signé entre le ministère de l’Intérieur et les syndicats de police, lesquels se seraient mutuellement promis de faire passer la police nationale pour une bande de types définitivement infréquentables.

Quoi qu’ils disent ou qu’ils fassent, aussi bien les uns que les autres, ils engagent ceux qu’ils représentent ou dirigent. Ils engagent leur image, le sens de leur métier et leur crédibilité, à tous collectivement. Sans se soucier des conséquences, l’important étant d’occuper l’espace médiatique. La police devient plus qu’à toute autre occasion - et au-delà des expériences personnelles qu’on a d’elle - un énorme singulier - LA police - qui endossera le costard mal taillé du dernier qui aura parlé.

Cette parole publique prise au nom d’une institution qui, statutairement et réglementairement, a le devoir de se taire, participe très activement à l’élaboration de l’opinion publique qui n’est déjà pas très bien disposée vis-à-vis de la police.

Le fonctionnaire de police, lui, ne dit rien, ou presque, ou au risque d’être sanctionné, parce qu’il est soumis à l’obligation de réserve, la discrétion professionnelle, protection du secret professionnel et du secret de l'enquête, et tout un tas de petites entraves légales à la liberté d’expression. Même la liberté d’opinion se doit d’être manipulée avec une infinie précaution, le devoir de réserve ayant, intentionnellement, des limites assez floues.
Je n’ai rien contre le devoir de réserve au sens strict. Logiquement, il tient bien davantage de la retenue et de la discrétion, de la modération et du respect, que de la censure et du camouflage. Mais le pli est pris, et dans le doute cette construction jurisprudentielle se traduit le plus souvent par un silence prudent.

Les syndicalistes savent que la parole policière est frileuse, sévèrement encadrée, et de fait ils en ont donc le monopole. Mais ils ne se définissent pas pour autant porte-parole… pas plus qu’ils ne le sont d’ailleurs, et ça leur est souvent reproché. Le mandat syndical, c’est à dire la faculté de formuler et faire remonter les revendications professionnelles vers le sommet de la hiérarchie, celle qui décide, est une infime partie de leur fonction. Auparavant, il faut s’occuper du déroulement de carrière des uns et des autres (mais surtout des autres s’ils sont permanents syndicaux), des mouvements de mutations, participer à des mesurettes de surface pour justifier le coût des cotisations syndicales, et surtout énormément se plaindre des réformes importantes (RGPP, réforme de la garde à vue, LOPPSI 2, etc) qu’on aura regardé se faire et se voter sans moufter - ou si peu - histoire de garder de l’énergie pour pondre à un rythme diarrhéique des tracts de lamentations, mondieustaffreux et pauvre France
Mais jamais ô grand jamais s’aventurer sur la voie de la contestation, ou mieux de l’action. Celle qui mettrait l’administration au pied du mur, chatouillerait les médias pour la bonne cause, et ferait des problèmes rencontrés par la police quelque chose d’audible, compréhensible et bien accueilli par la population. Ce serait un lien police-population comme un autre après tout, celui des difficultés partagées. Quelque chose qui n’entraverait pas le service public. Qui ne mettrait pas la sécurité en péril. Quelque chose de simple. Soit dit en passant, et ce ne sont pas les idées qui manquent…

Donc, par défaut - et à défaut d’autres interlocuteurs - les syndicats représentent la police, ils ont un mandat via des élections, et donc la légitimité d’organisations bavardes, hargneuses, mais peu efficaces.

Quant au(x) ministre(s) de l’Intérieur, ils ont la légitimité de la toute-puissance exécutive, ils n’ont pas d’obligation de réserve identifiable et, de plus en plus, se plaisent à distiller aux médias qui en sont très friands, leurs opinions personnelles, blagues, gaffes et fausses gaffes, et qu’importe qu’elles aient l’air de beaufouilleries de comptoir. Qu’importent aussi les effets secondaires de ces tirades sur les effectifs de police en terme d’impact médiatique et d’impopularité.

À force, de ce coté là, le fardeau finit par être lourd. Par procuration, il faut trimballer dans une besace de flic : un Kärcher à dégommer la "racaille", un "prototype d’Arabe mais pas un de plus parce que quand il y en a beaucoup il y a des problèmes", une "immigration incontrôlée et plein de gens qui ne se sentent plus chez eux", la solidarité à des policiers ripoux, l’indulgence ministérielle pour ceux qui ont manifesté en uniforme devant un tribunal, le mode d’emploi de la laïcité catholique et française, de la pédagogie à faire tomber les niqabs, et toutes sortes d’héritages d’états d’esprit et d’états d’âme dont on se passe très bien pour faire de la vraie police.

Pourtant, émergeant de la grande partouze médiatique, le dernier gag surréaliste est arrivé cette semaine par voie syndicale.
On en a été abreuvés – c’est le cas de le dire – par la presse : c’est l’histoire du soutien inconditionnel au quart de rouge et à la binouze du CRS.
L'origine de ce drame figure dans les archives de Backchich.info qui n’a que ça à foutre de prendre en photo des CRS se désaltérant à l’heure du casse-croûte, une canette à la main, autour de leur car. C’est certain que c’est moins risqué qu’un vrai reportage en maintien de l’ordre. Bref, la direction émet un rappel à l’ordre via une note de service. Ça aurait pu en rester là, charge aux CRS de faire appliquer cette note ou de se planquer pour boire leur mousse.

Mais non, il a fallu en faire un combat syndical, menacer de conflit ouvert, c’est dire à quel point la profession se porte bien s’il ne restait que cet "acquis" à défendre !

Comme le sujet n’est professionnellement pas très vendeur, on parle de traditions, de convivialité, on tente un peu d’humour "On veut faire de nous des curés, mais sans le vin de messe", mais ça tombe à plat.
Et de façon tout à fait prévisible, c'est toute la police - et les CRS en particulier - qui est la risée de l’opinion.
Elle était déjà présumée raciste, brute, idiote, cette police nationale, eh bien la voilà, intervention syndicale en renfort et médiatisation à l’appui, portée sur la bibine. N’en jetez plus, merci. Comment pouvait-on imaginer que tout ce pataquès puisse être traduit autrement par une vox populi par nature défavorable et soupçonneuse ?
De quel œil ceux qui estiment opportun de défendre cet usage verraient un verre de vin sur le bureau d’un médecin, ou une canette de bière dans la main d’un conducteur de bus scolaire ?
Comment peut-on ne pas se figurer qu’il vaut mieux sacrifier une habitude, aussi anodine soit-elle, à l’image d’une profession, et que ça ne devrait même pas être négociable ?
Grâce à ce combat cache-misère, ce plaidoyer bidon pour le quart de rouge en CRS, c’est chaque flic qui s’expose aux sous-entendus et railleries sur la voie publique. Comme s’il fallait encore en rajouter…

Il n’était pourtant question ni d’alcoolisme, ni d’ivresse. Simplement d’image. De priorité et de cohérence avec le port de l’uniforme et de l’arme. Et de respect.


Mise à jour du 27 avril 2011
CQFD dans le Canard Enchainé
et voilà une opération de communication très réussie.

CRS canard

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Bénédicte Desforges

#actu police, #syndicats

18 Septembre 2010

ruban-noir

Il y en a qui ont besoin d’équipements décents, d’autres de renfort en effectifs, et puis récupérer leurs jours de congés qui finissent par prendre la poussière à force de s’entasser sur des piles de fatigue.
Il y en a certains qui voudraient juste qu’on croie en leur parole, et qu’on cesse de les suspecter de faire indignement leur métier.
Aussi, il y en a qui ne demandent pas forcément un merci, mais de temps en temps le minimum de reconnaissance parce que ramasser tous les jours toute la merde que la société génère, c’est pas simple à vivre.
Il y a tous ceux qui ont compris qu’ils ne sont pas plus que les outils d’un service public méprisé et sacrifié, autant par la main qui les tient, que par ceux pour qui ils portent à bout de bras un équilibre humain et social lui-même malmené.

Et puis, il y a ceux qui ne demandent rien, mais dont on devrait se douter que leur quotidien peut être, certains jours, particulièrement monstrueux.

Il s'appelait André Bories, il allait avoir 39 ans le 10 décembre.

C’est celle qui partageait sa vie qui m’écrit.

(avec son autorisation)

  Mon compagnon s'est suicidé il y a 14 jours aujourd'hui. Il avait été promu capitaine il y a moins d'un an, officier de la Police Nationale et exerçait depuis plus de 10 ans à la Brigade des mineurs...
  Il aimait son métier et toute sa vie a été consacrée au bien-être de son prochain. Ses parents, sa femme, sa fille, nous... Mais lui?
  Il voulait changer de secteur parce que le boulot lui pesait (pédophiles, autopsies de nouveau-nés, etc...) mais devait attendre encore un an et demi pour pouvoir demander une mutation qui risquait de ne même pas être acceptée - deux officiers dans le service, et son collègue voulait déjà partir. Lui, il rêvait de devenir formateur.(.../...)

  On parlait de tout, sauf de son travail : je respectais l'aspect confidentiel des dossiers qu'il était amené à traiter et ne lui posais pas de questions. Lui me parlait juste de son ressenti quand il avait un mauvais jour mais ne donnait aucun détail sur les affaires en cours.
  Pour le reste, on parlait de tout et je le savais épuisé physiquement autant que moralement, très angoissé d'un éventuel échec de notre couple, mais en même temps il montrait tant d'investissement et d'enthousiasme que j'étais sûre de la réussite de nos projets. On s'était fixé des petites étapes tous les mois concernant des choses positives sur lesquels il pouvait se focaliser et il me disait retrouver l'appétit et adorer retrouver toute cette vie en rentrant à la maison le soir.(.../...)
  Il avait la garde de sa fille d’un premier mariage. Je l’avais rejoint avec mes enfants. Tous les cinq on voulait se construire ensemble un avenir dans lequel les maîtres-mots seraient plaisir et harmonie. Mais on n’en a pas eu le temps...

  Le vendredi 3 septembre 2010, il a attendu que son collègue revienne de congés, puis il a pris son arme de service, a mis de l'ordre dans ses dossiers au bureau et ses affaires à la maison, il a roulé pendant plus de deux heures pour aller se tirer une balle dans la tête sur la plage.

  La police m'a appelée au bureau pour m'avertir de sa disparition et des recherches en cours, ils ont tenté de localiser son portable mais il ne l'a allumé que juste avant... Quand je leur ai demandé de localiser son GPS qui est équipé d'une antenne radio, ils m'ont répondu que la loi l'interdisait pour atteinte à la vie privée.
  Il a laissé des courriers pour ses collègues enquêteurs, pour sa famille, pour ses proches... Il tente d'expliquer son geste mais nous laisse évidemment avec la seule question qui compte : Pourquoi ?
  J'ai dû me rendre au commissariat le lundi suivant pour faire une déclaration et répondre à des questions telles que: Ces lettres, ça lui ressemble ? Aviez-vous des problèmes de couple ? Saviez-vous qu'il pensait se suicider ?

  Comme s'ils cherchaient à nous faire dire: Bien sûr, ça n'avait absolument rien à voir avec le boulot…

  Depuis, je ne cesse de repasser en boucle ce jour et ceux qui ont précédé sans trouver de réponses, juste des raisons supplémentaires d'être en colère : Pourquoi le suivi psychologique n'est-il pas obligatoire dans ce corps de métier ?
  Pourquoi son équipe, avec laquelle il passait plus de temps qu'à la maison, n'a pas réagi quand il s'est absenté à deux reprises pour malaise ?
  Pourquoi la loi interdit la radio localisation dans de telles situations où il est indéniable qu'il y a danger de mort ? Pourquoi ce jour-là, je n'ai pas gardé mon portable dans ma poche comme d'habitude ?...
  Enfin, je n'attends pas de vous des réponses à mes questions mais vous vous êtes exprimée à plusieurs reprises sur le travail des policiers, sur leur statut et les risques du métier, sur le suicide... Peut-être aurez-vous tout de même quelques explications pour m'éclairer, je vous lance ça comme une bouteille à la mer...
  Il était l'homme le plus formidable qu'il m'ait été donné de rencontrer, mon meilleur ami, mon âme sœur, un père et beau-père exceptionnel.
  Il était intelligent, intuitif, tendre, compréhensif, indulgent et extrêmement sensible...

  J'ai perdu l'homme de ma vie et je n'arrive pas à l'accepter.

Pauline    

 

Pauline,

Je ne pourrai jamais avoir la bonne réponse, la bonne explication, le mot juste...
Ou alors, vous énoncer des raisons - celles que je pense, que j'accuse - qui ne seraient que celles de ma colère :
L'indifférence de tout un système, les collègues comme les chefs, ça passe ou ça casse. La négation des difficultés de ce métier de la part de ceux pour qui on n’est qu’un matricule. Rien n’est dit avant, rien n’est fait après les moments insupportables.
La négation de l'usure, de la destruction qui touche ceux qui s'investissent et bossent les yeux grands ouverts, avec leur cœur, leurs tripes et leur raison.
Bien sûr que oui cette profession a un impact lourd sur le moral et le psychisme.
Bien sûr que oui, on vous jouera toujours le couplet des raisons personnelles, c’est tellement plus simple dans ce monde d’autismes juxtaposés où personne ne prend ses responsabilités, et ne veut admettre défaillances et erreurs.
André a laissé une lettre à ses collègues, il leur disait qu'ils n'y étaient pour rien, pas plus que son métier...
Il ne faut pas vous en vouloir, rien n’est de votre faute non plus. Rien.

L’arme menottée au poignet, c’est une signature.

L’assassin c’est cette profession.

Qu’André repose paix avec votre souvenir et de l’amour au fond de l’âme.

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B. Desforges

#actu police, #suicides

18 Août 2010

rue89ico 

morsay


Envoyez-moi des commentaires ! Faites-moi de la pub !
Cliquez sur mes clips, bande de fils de putes ! (...) Cliquez ! Bande d’enculés !
Cliquez, bande de salopes ! Clique, salope !

(dit Morsay à haute et intelligible voix)

  C’est pourtant clair, non ?

  Il a tout compris, Morsay.
Comme d’autres plus récemment, il a parfaitement intégré le fait qu’il trouverait son compte dans cette frénésie qui consiste à partager ses petites indignations avec le plus grand nombre, et qu’il s’offrirait une belle publicité sur le dos de ses détracteurs les plus virulents. Ceux-là mêmes qui braillent encore plus fort et violemment pour montrer à quel point ils supposent que leurs colères sont exemplaires, bien argumentées, et essentielles à l’information de leur entourage.

  Et c’est le principe du buzz. Le buzz, vous savez bien, cette espèce de bruit de chiottes qui se propulse le plus vite possible dans les médias en général, et sur internet en particulier.
La teneur informative du buzz est généralement très inférieure à celle du scoop.
Le scoop est une information (au sens large) plus ou moins qualitative, dont la plus grande satisfaction revient à celui qui en est le découvreur. Ensuite, un scoop peut buzzer. Ou pas.
Et donc, en marge de ce qui se dit, se rédige, se chante, ou s’invente, l’initiateur d’un buzz ne peut jouir que de sa capacité de propulsion, de sa vitesse de propagation et du potentiel de ses destinataires à relayer. Le succès du buzz réside en la motivation et l’intention commune des buzzeurs.
Un buzzeur ne buzze pas n’importe quoi, il sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Ça tombe bien, faute d’inspiration et de talent, c’est souvent son seul fond de commerce et tout ce qu’il sait faire. Un buzz sinon rien.

  Les messages et tentatives de rap postés sur YouTube qui appellent à la violence contre la police ne sont pas si fréquents qu’on veut bien le dire. Mais plus on en parle, plus ils le sont. Et plus ceux qui en parlent sont les meilleurs attachés de presse dont ces petits cons pouvaient rêver.
Personne ne semble avoir compris – ou beaucoup font mine de l’ignorer - qu’un message non entendu, ou tombant dans une sourde oreille, n’est pas un message.
Parce que ces menaces et appels au meurtre n’en sont pas. Ils sont de la provocation.
Ils s’adressent bien davantage à l’objet de leur hargne – la police – qu’à leur entourage direct, les jeunes-des-cités-des-banlieues-avec-capuches, Toufik, Mamadou et Charles-Henri, qui ne prendront pas les armes parce qu’un type jonglant avec un vocabulaire très limité et un calibre en plastique éructe devant une webcam.

  Aucune chanson, aussi hargneuse soit-elle, n'a jamais tué personne.
En revanche, ça agace prodigieusement et ça peut être répréhensible par la loi.
La Justice peut et doit se faire sans tapage. Et surtout sans le parasitage de justiciers amateurs.

  Parce que in fine, on a vu quoi sur le champ de bataille du web 2.0 ?
Une horde de gens d’une haine et d’une violence indicibles libérer leur parole comme aucun rappeur ne l’a encore fait. En quelques jours, les fantasmes les plus aboutis se sont déversés sur internet. Tout y est passé.
Peine de mort, expédition punitive, pendaison par les couilles, dépeçage de nègres, vivisection de bougnoules, projets de ratonnade, brulage de mosquées, louanges répétées du Front National et de son avenir radieux, lynchage de bobos amateurs d’arts de rue, OPA hostile sur Libération et Rue89, mise à mort des journalistes et de la gauche complice, etc.
Un vrai génocide contre un éphémère sacrifice de poulet médiocrement déclamé.
Et un rap qui finit par faire figure de chant grégorien face à ce déchainement de haine ou aucune subtilité de supplice n’a été oubliée. Le tout jeté tel quel et sans Bescherelle, par tous ceux que le panurgisme le plus décérébré peut coller au derche des petits Goebbels d’internet.

  Alors l’intérêt de tout ça ?
Aucun, bien au contraire. Définitivement contre-productif.
Si un clip reste confidentiel, il y a non évènement à ceci près que sa seule mise en ligne suffit à ce qu’une plainte soit recevable.
La publicité excessive faite par buzz interposé et orchestré à dessein démontrerait finalement que l’instrumentalisation sert bien davantage d’exutoire à ceux qui condamnent ? Très probablement.

  Si ce sont les policiers eux-mêmes, l’hyper médiatisation de leur colère est du pain béni pour l’enfumage. Parlons d’un inconnu, sortons-le du néant d’internet, offrons-lui son heure de gloire, sommons le ministre de l’Intérieur de faire justice (de toute façon, le code de déontologie l’y oblige, il l’a déjà fait), saisissons les syndicats qui à leur tour joueront des coudes à qui sera le premier à pérorer dans les médias.
Et par notre indignation démesurée, donnons à cette gesticulation un rang d’importance supérieur aux véritables problèmes de l’institution police, lesquels réclament réflexion et propositions concrètes, qui sont un exercice plus difficile.

  Et derrière et autour des policiers, se démènent leurs pires ambassadeurs. Une cohorte de crétins plus royalistes que le roi, les violents, les racistes, les rageux nostalgiques, tous ceux qui alimentent cette hystérie sécuritaire du moment, et qui repartiraient volontiers en croisade s’ils n’étaient si bien à s’exciter collectivement et confortablement sur internet en attendant qu’on leur ouvre les isoloirs.
Sous prétexte de souci citoyen, et de concert avec une armée de Dupont-Lajoie déchainés, ils se proclament solidaires de la police en ne jurant que par la violence et les armes. Quelle différence avec Abdul X et les autres ?
Voilà un soutien inconditionnel – dont on se passerait bien - de tous les abrutis d’un bord extrême de l’opinion publique, jouissant du fantasme de l’homme en uniforme et en arme, au détail près qu’ils ne sont pas disposés à partager une seule seconde de ce qu’il y a de plus pénible dans l’exercice de ce métier : la haine quotidienne.

  Alors après, il se passe quoi ?
Une condamnation pénale très certainement.
Mais encore plus sûrement, l’apparition d’un titre ou deux dans les bacs à la FNAC.

  Joli combat. Merci pour tout.

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Bénédicte Desforges

#actu police, #revue de presse

17 Juillet 2010

Bénédicte Desforges

#actu police, #suicides, #revue de presse