“au jour le jour”

14 Mars 2009

6 Novembre 2008

  J’ai fait la connaissance de Julie Rubino sur un blog qui proposait sans malice un petit débat tout gentil et objectif sur la police.
  Julie Rubino est jeune-et-journaliste, donc pleine de spontanéité et de bonnes idées qu’elle résume en commentaire de ce blog de la façon suivante :

  Extraits :

Je ne mettrai certainement pas le fait de dévaloriser les gendarmes et les policiers, ce à quoi je m’adonne très volontiers...

(...) et le caillassage des camions de pompiers (que je trouve honteux et complètement irresponsable)

(...) les flics passent désormais plus de temps à faire chier les délinquants du dimanche plutôt que d’aller traquer les vrais.

(...) [le shit confisqué et fumé par les flics] …ce n’était certainement pas une pratique isolée de son commissariat, mais bel et bien quelque chose de très répandu…

(...) Je pense qu’en France, le problème n’est pas qu’on devient dépressif une fois rentré dans la police, c’est que la police embauche des dépressifs… on voit ce que cela donne après...

(...) Les pompiers forcent mon admiration, les employés du milieu médical aussi, mais franchement, non, pas les flics !!


  Ce à quoi, moi, flic-et-préjugée, je réponds sommairement avant d’y revenir :

(…) Je suis auteur de FLiC, Chroniques De La Police Ordinaire (éd. J’ai Lu) pour ceux qui veulent en savoir plus sur tous les vices et tares de la police en uniforme (dont je fais partie) qui boit, se drogue, et se prostitue quotidiennement.
Et je reviens tout à l’heure expliquer à Julie pourquoi son commentaire est débile.

  Pourquoi je vous propose la lecture des fadaises de Julie Rubino ?
  D’abord parce qu’elle est une caricature tristement banale. Parce que des Julie Rubino, il y en a à chier partout, plein les rues, plein les bistros, plein internet. Ça pullule et ça pollue, ça parle fort, c’est fort en gueule. Ça a un avis sur tout, ça désinhibe sa bêtise crasse derrière un écran, et ça doit piailler et pérorer furieusement in real life.

  Les Julie Rubino aiment bien se mettre en scène dans des postures de rebelle contre les pouvoirs en place, les institutions, les lois et toutes ces vilaines choses, parce que ça donne une jolie image et que ça ressemble à la liberté. Sauf qu'il n'y a pas plus conformiste, mais ça, il y en a qui mettent des vies entières à le piger.

  Les Julie Rubino, ça connaît tout sans avoir rien vu. Ça a entendu une petite anecdote une fois, un jour, et ça l’érige en doctrine, en vérité définitivement établie.
  Les Julie Rubino, c’est nombreux, c’est une armada de moulins à paroles, c’est un peu tout le monde qui parle de n’importe quoi.
  Alors consacrant ce billet à Julie Rubino, vous comprendrez que je ratisse large.

  J’aurais pu lui répondre sur ses allégations, lui expliquer pourquoi par principe, il est idiot de s’adonner à dévaloriser flics et gendarmes, parce que ce jeu ne donne pas l’air très futé, passée la dernière crise d’acné.
  J’aurais pu lui parler des soldats du feu qui sont une plus belle expression que forces de l'ordre, et la prier d’expliquer avec des arguments intelligents et intelligibles pourquoi il est plus légitime de caillasser du flic que du pompier. Lui rappeler qu’à cause de caillassages, des gens - qui ne sont pas des Julie Rubino - qui avaient demandé des secours, ont attendu des flics qui ne sont jamais arrivés.
  J’aurais aussi pu lui demander ce qu’est un délinquant du dimanche, j’avoue que je ne saisis pas bien. Un curé peut-être, ou un pêcheur à la mouche.
  J’aurais pu lui dire que s’il m’est arrivé de faire chier des délinquants du dimanche, c’est que précisément je bosse les dimanches pendant qu’elle se tape un brunch en écoutant Vincent Delerm.
  J’aurais pu lui demander ses sources quant au recrutement de dépressifs dans la police nationale, mais je n’ai pas osé voyez-vous, ça me déprime.
  Et enfin, j’aurais pu lui dire que les flics ne demandent pas l’admiration de leurs concitoyens. Les flics, ils veulent juste que, de temps en temps, les Julie Rubino et ses clones ferment leurs grandes gueules, parce que la connerie ça fatigue les fonctionnaires qui travaillent le dimanche.

  Mais tout ça, c’est du déjà dit et cent fois répété, par tous les flics de France aux Julie Rubino de leur entourage.

  En revanche, la Julie Rubino du jour et qui nous intéresse, est jeune-et-journaliste et ça change un peu la donne.
  On eût été en droit d’attendre de sa part au moins une sorte de recul sur la chose, et au mieux un argumentaire un peu construit, un peu étayé, un peu documenté, histoire de faire honneur à sa profession.
  On aurait aimé qu'elle fasse montre d'un minimum de maturité intellectuelle, qu'elle s'exprime correctement et posément.
  Mais Julie Rubino, elle s’en fiche. Ce qui lui importe c’est de parler, parce que comme elle est jeune-et-journaliste, sa parole est légitime. Qu'importe d'avoir l'air pro quand on a déjà le pedigree...
  Alors, elle s’exerce à l’art de la rhétorique à défaut d’avoir compris que la discussion est une méthode.
  Et les flics, c’est un si bon sujet... des boulevards de bien-pensance sont tracés devant elle. Et Julie Rubino, elle fonce. Et d’un coup :

Et merde, si ce n’était pas déjà le cas, je suis désormais fichée sur Edvige… vive la France !

  Et là, pleinement consciente que je vais la décevoir, je lui réponds :

Je ne pense pas que ton cas de normopathe soit assez intéressant pour qu’EDVIGE te fiche.

  Je ressors bien sûr de ce non-débat chargée de tous les défauts énoncés par le dogme de départ, et plus encore, de la rancoeur à l'arrogance. J’ai dû abuser de méthodes policières… Mais comprenez-moi, avec le temps et l’ancienneté, le savoir-faire a vite fait de devenir un savoir-être. On ne se refait plus. À mon âge...
  Mais Julie Rubino, plaidant que si elle est journaliste, elle est tout de même jeune et insouciante, a quand même trouvé tout ça comique. Donc tout va bien.
  Elle attend juste un peu plus de subtilité et d’écoute, probablement les atouts dont elle a fait preuve, en préambule, en balançant son pétard mouillé.

  Mes chers collègues, bande d’abrutis congénitaux, shiteux du dimanche, boulimiques du prozac, fascistes et matraqueurs compulsifs, si vous aussi voulez faire preuve de subtilité et d’écoute avec Julie Rubino, la ligne est ouverte.

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B. Desforges

#au jour le jour

24 Septembre 2008

doc-seropo



  Non mais quand même, c’est complètement affolant ce médecin qui profitait de l’anesthésie générale de ses patientes pour s’accoupler avec elles. 
  Et enceintes en plus, quel vicelard.

  Indécent, scandaleux, ce titre s’étale absolument partout, avec un goût infect d’obscurantisme :
  Un médecin séropositif pratiquait des avortements.

  Oui, et alors ?

  Ça s’est passé en Espagne (le délai pour l’IVG est plus long), et il faut impérativement retrouver les centaines de Françaises ayant consulté ce médecin.
  On nous cacherait donc quelque chose ?
  À Barcelone, les médecins ne portent pas de capotes aux mains pour opérer ?
  Ou alors les gynécologues-obstétriciens travaillent sans les mains ?
  Et bien oui, il y a peut-être une pratique locale incongrue, allez savoir, et puis il faut bien trouver une explication à cette panique des autorités sanitaires françaises.
  Parce que, soit dit en passant, en Espagne, ils s’en foutent un peu des analyses sérologiques de leur toubib.

  Mais ici, pas loin de l’Espagne, dans le pays des droits de l’homme séronégatif, on se pose des vaches de questions. On fait dans l'irrationnel, et on a la nostalgie des débuts du SiDA, rappelez-vous de ce virus envoyé par dieu pour punir les pédés et les dépravés de leurs sales moeurs, et leur frénétique lubricité…

  Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler les modes de transmission du VIH.
  Autant dire qu’un médecin les connaît par cœur, c’est à peine s’il se poserait la question de savoir si son patient est séropositif ou sujet à une autre infection, quand il l’opère, tant les règles d'asepsie sont absolues quelque soit le risque de contamination.

  Mais là, on outrepasse les dispositions légales pour semer la peur, parce que ça, la peur, c’est formidable pour téléguider les foules.
  VIH = mort
  IVG = mort, quel joli binôme de circonstance...
  Parce que la loi, elle dit quoi au juste ?
  Et bien la loi, elle ne dit rien.
  AUCUNE profession ne requiert d’obligation légale de déclaration de séropositivité. Aucune.
  Aucune exclusion ou interdiction d’exercer quoique ce soit ne peut exister sur la base d’un dépistage VIH positif. (infos vérifiées auprès de Sida Info Droit)
  Jusqu’en juin 2006, c’était pourtant le cas pour les pilotes de ligne, allez savoir pourquoi. Mais aujourd’hui, même eux peuvent emmener leur VIH en voyage.

  Alors tout ça pour quoi ?

  J’en sais rien. 
  On dit qu’une ligue anti-IVG est à l’origine de ce vent de panique.
  Sur l'absolu principe de précaution, mais surtout principe de méconnaissance et de trouillomanie paranoïaque franchouillarde, on pourrait redouter des projets de loi obligeant certains citoyens à déclarer VIH, hépatites, et quoi d'autre ?
  On pourrait imaginer un retour vers le moyen âge, et un bannissement des séropo, et autres pesteux de ce monde si sain qui nous entoure… 

  Mais en attendant, je tiens à mon intégrité immunologique, et dans le doute, merci de prendre toutes les précautions d’usage et de latex avant de laisser un commentaire ici.
 

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3 Juillet 2008



Pas pu m'empêcher.
Promis j'arrête.
J'arrête un de ces jours, promis.

C'est l'été, quoi.

Je m'en vais brouillonner une petite histoire, tiens.

 

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