24 Novembre 2011
(© le grafitti est de moi, le mur est à moi, la phrase j'en sais rien et je m'en fous)
Bénédicte Desforges
24 Novembre 2011
(© le grafitti est de moi, le mur est à moi, la phrase j'en sais rien et je m'en fous)
31 Octobre 2011
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Monsieur le Président de la République,
Depuis des années, nous dénonçons et nous luttons contre l’ingratitude et les dispositions particulièrement injustes qui s’abattent parfois sur les fonctionnaires de la police nationale. Avec plus ou moins de bonheur et de réussite.
C’est donc avec soulagement et une immense satisfaction que lors de votre intervention télévisée du jeudi 27 octobre nous vous avons entendu nous rejoindre, et conforter nos positions en affirmant la votre avec clairvoyance et pugnacité.
Enfin ! Enfin la parole présidentielle affirmait une vérité qui nous est contestée depuis tant d’années. Pour cela, Monsieur le Président de la République, soyez assuré de notre reconnaissance et de celle de nos collègues.
À propos de la mise en examen de Monsieur Squarcini, directeur de la DCRI, Yves Calvi vous interrogeait avec toute la malice dont les journalistes savent faire preuve : « Il pourrait tout simplement être suspendu, tout en respectant la présomption d’innocence… Momentanément… » Et là, du tac au tac, vous avez eu, Monsieur le Président, l’extrême pertinence de rétorquer : « Bien sûr…Comme ça, sanctionner momentanément en respectant la présomption d’innocence, cela s’appelle la présomption de culpabilité Monsieur Calvi. »
En quelques mots, vous avez énoncé, Monsieur le Président de la République, votre attachement déterminé et légitimement intransigeant, aux principes de Droit dans notre pays.
Cette affirmation forte a malheureusement échappé à l’habituelle extrême sagacité des organisations syndicales de la police nationale. Pas à nous.
Vous n’êtes pas sans savoir, Monsieur le Président, que plusieurs dizaines de policiers, peut-être plus de cent actuellement, sont suspendus de leurs fonctions. Il s’agit pour la plupart, de gardiens de la paix passionnés et dévoués à leur métier, lequel est presque un sacerdoce, comme vous l’avez très justement souligné. Beaucoup d’entre eux font donc l’objet de mesures dites de précaution administrative ("à titre conservatoire" lit-on de manière lapidaire et souvent peu motivée dans les rapports) qui peuvent durer plusieurs mois, et qui privent leur foyer environ du tiers de leurs revenus lié à l’exercice effectif de leurs missions.
Quand une suspension administrative intervient, ces policiers conçoivent un terrible sentiment d’abandon et d’exclusion. Leur hiérarchie les rejette comme des pestiférés sacrifiés sur l’autel d’un principe de précaution démesuré et hors propos.
Victimes d’une sorte de "formolisme" (sic) administratif, cette mesure est de fait, dans l’immense majorité des cas, ressentie comme une authentique sanction, grave et bien plus traumatisante qu’une mesure disciplinaire justifiée et résultant d’une faute établie.
Alors, vous imaginerez sans peine, le cas d’un fonctionnaire mis en cause, puis suspendu, et sa profonde amertume lorsque l'enquête finit par le mettre hors de cause.
Vous avez raison, ce système de "double peine" est injuste et ne repose que sur une logique aussi sournoise qu’insupportable de présomption de culpabilité.
Certains que la parole présidentielle ne pourrait être remise en cause par l’administration, et par souci d’équité avec le cas du fonctionnaire que vous avez évoqué, nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de faire examiner au plus vite les dossiers de ces policiers.
Nous leur conseillons de vous faire parvenir sans délai leur arrêté de suspension administrative pour que vous puissez faire appliquer le principe de présomption d’innocence que vous avez affirmé avec tant de conviction, et auquel nous adhérons tous sans réserve.
Confiants dans la jurisprudence administrative que vous avez affirmée, Monsieur le Président, nous ne doutons pas qu’elle puisse s’appliquer à l’ensemble des policiers de France avec la même détermination que pour un directeur de la police nationale.
Nous vous en remercions en leur nom, et savons pouvoir compter sur votre soutien.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre respect et sincère considération.
Marc Louboutin et Bénédicte Desforges
auteurs et ex lieutenants de police
référence : vidéo Nicolas Sarkozy face à la crise (time code 67’50)
document en pdf
incluant un modèle de courrier à adresser au Président de la République
28 Octobre 2011

François Hollande, tout juste issu des urnes socialistes et aspirant à la présidence de la République, nous apprend qu’il dispose déjà d’une police politique infiltrée, et qu’il est en mesure d’accéder – et de se servir – de renseignements concernant les appartenances syndicales et préférences politiques de fonctionnaires de police.
En effet, François Hollande voudrait procéder à une sélection très précise des fonctionnaires du SPHP [1] que l’État lui affecte pour assurer sa sécurité en campagne. Son équipe compte bien détecter des fonctionnaires efficaces et professionnels, bref des personnes de confiance.
On peut déjà observer que le parti socialiste, à travers les suspicions de son chef de file, a une très haute opinion de la police nationale puisque trouver efficacité et professionnalisme parmi ses effectifs semble être un sacré défi.
Mais voilà le drame, on lui a fourni une liste vérolée, déclare un partisan anonyme - vérolée est bien le mot employé et les symptômes lui en sont infiniment reconnaissants - comprenant des fonctionnaires syndiqués dans des syndicats pas réputés défavorables au pouvoir en place – comme Alliance, s’oblige-t-on à préciser, soit des fonctionnaires pas fiables politiquement.
Eh bien ! Le parti socialiste et ses mouchards seraient-ils mieux informés, et plus adroits et vicieux que le fichier Edvige qui avait suscité des petits cris d’effroi ?
Le fichage politique de policiers existe donc, et là ce n’est pas Cop-watch qui balance…
La question que devrait, légitimement, se poser une presse démocratique, serait de savoir QUI balance les informations sur les appartenances syndicale et politique supposées, sur quelle base légale et d’après quel hypothétique fichier.
Ce que recherche le candidat socialiste pour assurer sa protection n’est pas un service de police issu de la police nationale, non, ça ressemble plutôt à une police privée composée de volontaires – ou, autre définition : milice - ce qui n’augure rien de bon quant au projet socialiste concernant les questions de sécurité, de police(s) et de qualification des effectifs, et plus largement, le service public.
D’après la même source, on apprend d’ailleurs le secret du casting 2007 de la sécurité rapprochée de la candidate Royal : « Nous avions demandé à nos contacts au sein des organisations syndicales des avis sur les gens qui nous étaient proposés. » Suit le nom de l’éminent consultant en body-guards : l'ancien responsable de l'UNSA-Police.
Le plus amusant (autant en rire) est que manifestement la fine équipe socialiste n’entend pas grand-chose au syndicalisme policier et ne semble pas savoir que les appartenances aux organisations syndicales dites "de droite" et "de gauche" sont sans rapport avec les penchants politiques des syndiqués, le choix d’un syndicat se faisant le plus souvent sur des critères étrangers à l’idéologie de façade réclamée par les apparatchiks des bureaux nationaux, mais sur les qualités des représentants de terrain.
Ainsi, nous connaissons des syndiqués d’Alliance qui votent à gauche depuis des années, comme des délégués d’Unité Police-SGP-FO qui sont de bons petits gars de la Marine.
Voilà qui ne va pas faciliter la tâche à François Hollande...
Alors peut-être devra-t-il compléter ses dossiers d’analyses graphologiques et des thèmes astraux des candidats du SPHP pour y voir plus clair… Et dans un deuxième temps, tant qu'à faire, on leur demandera sans doute leurs préférences sexuelles et un bilan de santé.
Depuis toujours, la police est un gadget électoral recyclable à merci.
Le fantasme récurrent des collusions entre pouvoir politique et police fait la une des médias depuis des lustres et cela quelle que soit l’appartenance politique des gouvernements. Surtout en cette période où les mises en examen des plus hauts cadres de la police nationale pour diverses suspicions de mélange des genres se multiplient.
Mais quand l’obligatoire neutralité politique des fonctionnaires - et plus particulièrement ceux dotés d’une carte tricolore - s’accommode de petits arrangements, c’est vers les donneurs de leçons et les leaders politiques qu’il faut regarder.
Et là, chacun sait s’y retrouver, sans que les défenseurs de la déontologie et de l’intégrité n’y trouvent à redire.
Qu’il s’agisse de Bruno Beschizza [2] (à la fois conseiller régional UMP et sous-préfet hors cadre), parfait exemple du policier politique. Ou bien de Sihem Souid [3] égérie de l’éthique policière au PS, fonctionnaire de police suspendue mais non exempte des obligations de sa fonction, qui s’exprime es qualité de membre du comité de soutien d’Arnaud Montebourg (et dont on attend d’ailleurs avec impatience sa prochaine aventure judiciaire et administrative annoncée, pour reparler d’éthique dans des débats croquignolesques.)
Ceux qui espèrent vainement une République irréprochable avec une police détachée du rôle de VRP du gouvernement en place pour être exclusivement au service du citoyen devront repasser, visiblement une alternance ne changerait rien.
S’il y a une vérole à guérir, ce n’est sans doute pas dans les rangs de la police qu’il faut la chercher, mais plus sûrement dans les décidément inguérissables et sales habitudes des politiques, de droite comme de gauche.
Il serait peut-être temps, pour l’ensemble de la classe politique de relire l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen :
« La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »
C’est facile à trouver : elle est affichée dans tous les commissariats.
Bénédicte Desforges et Marc Louboutin
source :
Hollande préfère, pour l'heure, confier sa protection au PS plutôt qu'à la police
Le Monde 26 octobre 2011
[1] SPHP : Service de Protection des Hautes Personnalités
[2] Bruno Beschizza qui devrait renoncer à son mandat électoral, comme il en en a l’obligation pour que sa nomination de sous-préfet soit légale [lire]
[3] Sihem Souid membre de l'équipe de campagne de A.Montebourg
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8 Juillet 2011
Sihem Souid, Arnaud Montebourg et Ben Ali
sont-ils solubles dans les Droits de l’Homme ?

Je vous résume l’affaire :
Arnaud Montebourg signe une pétition en soutien à Sihem Souid, qui elle-même avait signé une pétition en soutien à la candidature à venir de l’exquis monsieur Ben Ali, qui à ma connaissance n’a signé de pétition en faveur de personne, et Arnaud Montebourg a accueilli Sihem Souid à la tribune des soutiens officiels de ses ambitions présidentielles.
Vous y comprenez quelque chose ?
Moi non plus.
Ceci dit, c’est bien mignon et bien aimable de plaider pour l’éthique et pour une police républicaine, quand on appartient à la gauche bourgeoise et présidentiable - celle qui est aussi éloignée que possible des réalités citoyennes - et si l'intention est louable, encore faut-il choisir son porte-drapeau avec discernement. Parce que là, il y a comme qui dirait, un petit problème de plus.
Il est déjà surréaliste de constater que Sihem Souid, avec sa seule malheureuse expérience d’ADS à la PAF, est depuis des mois, l’incontournable interlocuteur des médias en matière de police et déontologies en tous genres, mais il faut apprendre aujourd’hui que juste avant de devenir une fervente militante des Droits de l’Homme dans la police et au-delà, elle fut aussi une de ceux qui, persuadés que Ben Ali est le plus apte à jouir de la confiance des Tunisiens et à porter leurs espoirs signèrent peu de temps avant que la Tunisie se rebelle, une pétition en faveur d’un nouveau mandat présidentiel du dictateur.
On ne remerciera jamais assez les médias pour leur clairvoyance...
Lire l'article et voir les sources sur le site Les Grandes Oreilles :
La politique du PS en matière d’éthique dans la police inspirée par
une militante pro Ben Ali !
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