Mort subite
26 Juin 2006
J'ai tout de suite vu qu'il était mort. On a appelé les pompiers. La femme brigadier de la police secours n'a pas pu rester dans l'appartement, elle est retournée dans le car. Moi, je n'ai pas pu aller voir la mère, je suis restée avec le bébé. J'ai demandé à mon collègue de fermer la porte, je voulais quelques secondes avant que la mère rentre dans la pièce. Je ne savais pas comment lui dire, j'aurais voulu que le médecin soit déjà là. Le bébé dans son berceau était comme une petite grenouille inerte, sur le dos, les jambes pliées et ses minuscules mains de part et d'autre de son visage sur l'oreiller. Comme en sommeil sur un drap vert pâle. J'ai oublié ses jouets. Juste ses yeux fermés et son petit nez rond. J'ai entendu le deux-tons des pompiers et le coup de frein. Le médecin est entré seul, il l'a touché tout doucement, il a soupiré et il m'a dit : « Reste là. » Il est sorti de la chambre. Et j'ai entendu un hurlement.
texte extrait de Flic, chroniques de la police ordinaire
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