Police, matériel et système D
8 Novembre 2011

De retour du G20 où énormément de policiers de France avaient été conviés à y faire bonne figure, et à contribuer à l’illusion d’optique d’un service public bien portant, des collègues de Sarcelles (très jolie ville du Val d’Oise) ont eu la très mauvaise idée de tomber en panne.
Avec un véhicule de service sérigraphié Police.
Sur l’autoroute...
La panne s’étant produite vers Mâcon, et la solution de pousser la voiture à la force du biceps étant exclue, les naufragés de la route durent se résoudre à joindre leur direction par téléphone. Après plusieurs appels infructueux à la DDSP95, ils se virent proposer de rentrer à leurs frais par le train, ce qu’ils refusèrent, l’excédent de bagages composé de flashballs, gazeuses grand format, et autre matériel de maintien de l’ordre n’étant pas du meilleur effet dans un wagon rempli d’enfants en bas âge et de bobos émotifs.
Suggérant alors qu’un véhicule administratif en avance de 30 kilomètres devant eux fasse demi tour pour les récupérer, le commissaire de permanence leur opposa un refus.
De même que, malgré leur insistance, il leur fut refusé qu’une voiture de leur direction départementale vienne exprès les récupérer avec leur matériel.
Alors qu’ils se demandaient s’il leur faudrait bivouaquer sur la bande d’arrêt d’urgence, un sympathique automobiliste immatriculé 95 se proposa de les ramener à bon port dans sa splendide DS des années 70.
Le trajet se déroula sans aucune autre péripétie fort heureusement.
La moindre panne, le moindre accrochage aurait contraint les policiers à rendre compte à leur hiérarchie de l’incident, et donc à mettre noir sur blanc ce qui avait généré la situation. Véhicule mal entretenu tombé en panne de façon prévisible, rapatriement des effectifs refusé, etc, ce qui n’aurait pas fait l’affaire de tout le monde…
Mais ça ne s’arrête pas là.
Après avoir déposé les policiers à Sarcelles, le jeune homme à la DS se fait interpeller par la BAC 93, et a le plus grand mal à expliquer que les deux bombonnes de gaz lacrymogène qui se trouvent dans sa voiture ont été oubliées là par des fonctionnaires de police qui faisaient de l’auto-stop sur le bas côté de l'autoroute, à coté d’une voiture de police en panne, à 300 kilomètres de là.
Ben tiens… raconte ça à un cheval de bois, et il te file une ruade…
Par chance, l’homme à la DS et les collègues avaient échangé leurs numéros de téléphone, et l’un d’eux pu confirmer la version du présumé receleur de gaz lacrymogène.
Au delà du coté marrant de l’anecdote et de la happy end à la faveur de l’intervention d’une voiture mythique et d’un citoyen bien plus aimable, patient et arrangeant qu’une hiérarchie qui n’a décidemment plus rien de bienveillant, cette histoire - pas si drôle que ça - illustre parfaitement l’état du matériel… et de l’ambiance.
Démerdez vous !
Merci à mon complice Marc Louboutin qui a bien voulu que je raconte ici cette histoire qui lui a été rapportée.
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