“syndicats”

26 Avril 2012

Par SOLIDARITÉ avec les collègues du 93 :
Appel national à ne plus faire d’IRAS et de contraventions,
afin qu’ils puissent ENFIN se faire entendre.

Faire suivre à tous vos contacts policiers.


(texto à diffusion massive reçu aujourd'hui)

manifestation-policiers-Noisy-le-Sec avril2012 1
 

manifestation-policiers-Noisy-le-Sec avril2012 2

et enfonçage de clou par Marc Louboutin à midi sur Radio France :


manif DDSP93 24avril2012
Bobigny DDSP93 - 24 avril 2012


revendications-avril2012


manifestation-service-minimum-avril2012


manif Nice 27avril2012
Nice - 27 avril 2012 [video]


manif Montpellier 27avril2012
Montpellier - 27 avril 2012 - opération gyrophares [lien]

 

RASSEMBLEMENTS PRÉVUS :

. lundi 30 avril, 15h : Bobigny à l'ancienne DDSP93
mise à jour : Plus de 300 collègues étaient sur place (78, 75, 92, 93, 94, et aussi des policiers municipaux) Le collectif a été reçu par le préfet du 93. Une commission constituée de collègues sera mise en place. Les syndicats présents mais en retrait ne sont pas intervenus, laissant "le collectif 93" gérer.
. mardi 1er mai, 18h : Nice, 3ème mobilisation ! [Nice Matin] [France 3]
. mardi 1er mai : Evry devant la pref 91 [NouvelObs]
. mardi 1er mai : Lyon place Bellecour [NouvelObs]
. mercredi 2 mai, 13h : Nanterre devant la préfecture
. mercredi 2 mai, de 12 à 14 h : Marseille devant la préfecture
--- rassemblement en civil et sans gyrophare---
. mercredi 2 mai, 22h30 : Toulon place de la Liberté
. jeudi 3 mai, 13 h : Bordeaux devant le commissariat


Merci à Police-info pour son flux d'infos en temps réel !


Je compléterai cet article rapidement, et y rajouterai les compléments d'information nécessaires.
Les collègues sont évidemment libres s'ils le souhaitent, d'apporter les infos dont ils disposent, ou d'exprimer leur opinion dans les commentaires.

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Bénédicte Desforges

#actu police, #syndicats

14 Novembre 2011


Lettre ouverte à Claude Guéant, Ministre de l'Intérieur

 

   Monsieur le Ministre,


   C’est avec grand intérêt que nous vous avons entendu sur France-Inter énumérer les quelques roues de secours censées assurer la tenue de route de la police nationale pendant que la RGPP la videra de sa matière vitale.

   Ces mesures « pour participer à la compensation des 3.000 postes de policiers et gendarmes supprimés par la RGPP » vous les appelez l’optimisation.
   C’est un bien curieux mot-piège qui ressemble - mais n’a pourtant rien à voir - avec l’optimisme qui aujourd'hui fait défaut au service public… et en effet, vous avez véritablement piégé les fonctionnaires de police avec ce système d’ores et déjà appliqué dans les services, car ce sont eux-mêmes qui vous apportent la preuve qu’on peut réduire les effectifs en dopant leur charge de travail d’heures supplémentaires.

   Là-dessus, même s’il est celui du court terme, le pari est gagné. Beaucoup d’entre eux ont consenti à cette optimisation, ne se rendant pas compte qu’ils contribuaient avec une terrible efficacité à cette RGPP, qu’ils sont d’ailleurs tout autant capables de conspuer dans une récrimination schizophrénique.
   Mais de votre discours, ce qui a surtout retenu notre attention est votre consigne d’appliquer de façon rigoureuse les textes afférents aux détachements et exemptions syndicales, et de remettre quelques centaines de détachés sur la voie publique.

   Alors là, chapeau Monsieur le Ministre !
   L’annonce de cette mesure qui joint avec bonheur l’utile à l’agréable, a réjoui énormément de fonctionnaires de police, qui vous en seront très reconnaissants le jour où ils reverront à l’appel de leurs brigades, ceux qui ont abusivement délaissé la voie publique pour le mirage syndical.

  Parce qu’objectivement, Monsieur le Ministre, force est de constater que malgré l’incroyable taux de syndicalisation dans la police nationale, les syndicats de police ne sont pas les grosses machines de guerre qu’ils prétendent être, et nous doutons fort qu’un seul de leurs tout petits coups de gueule ait pu une seule fois vous empêcher de dormir.
   Ils n’ont de toute évidence aucun besoin d’être aussi nombreux à se consacrer à la chose syndicale pour une action aussi insignifiante.
   Aussi, nous espérons que les chefs de service auront le courage d’affronter les protestations très prévisibles de ces fonctionnaires à la représentativité, et aux mandats syndicaux parfois fictifs, pour les remettre au travail dans le strict respect de l’application des textes réglementaires.

   Les bureaux nationaux des organisations syndicales regorgent de gens vieillissants sujets à l’embonpoint et à l’hypercholestérolémie. Certains étaient déjà permanents syndicaux quand nous sommes entrés dans la police, c’est dire l’ancienneté de leurs mandats. C’est dire aussi à quel point la police de terrain leur est devenue étrangère… Ceux-là, Monsieur le Ministre, ils sont perdus pour la cause publique, aucun recyclage ne vous les métamorphosera en policiers. Pour eux, c’est terminé.
   Il suffirait d’un simple audit sur le coût de la formation nécessaire à les rendre à nouveau opérationnels pour en juger. Que cela soit les gestes techniques de police, l’appréhension de l’arme de service (certains n’ont jamais vu un pistolet SP 2022 et encore moins les autres armes sub-létales modernes, voire un simple tonfa), comme d’une procédure pénale qu’ils argumentent sans jamais en connaître l’application, ou encore la dotation en uniformes récents dont nous doutons fort qu’ils soient un jour passés chez le fourrier les chercher, le fossé entre la "base" et eux n’a cessé de se creuser, tout comme leurs divergences d’intérêts. Monsieur le Ministre, ces détachements syndicaux à vie sont, vous en conviendrez, une aberration.

   Mais les autres, les valides, les occasionnels, les bons copains, les planqués syndicaux, certes oui, on pourrait sans doute encore en faire quelque chose.
   Ce sera leur rendre service que de leur faire redécouvrir la police, les conditions de travail quotidiennes, les brimades des chefs quand aucun mandat ne vous couvre, et celles de l’ingrate population.
   Ils comprendront ce qu’ils ont oublié le jour où leur organisation syndicale leur a confié en même temps qu’un mandat, cette infecte possibilité d’opérer des choix arbitraires dans les dossiers à défendre. Ils réapprendront la pleine mesure du mot collègue.

   Et puis la presse se passera bien d’eux, soyez-en sûr Monsieur le Ministre, pour commenter les faits-divers à travers la France devant les caméras des rédactions régionales. Ce n’est pas, et n’a jamais été leur mission. Et le commentaire de faits-divers est l’exercice le plus stérile, le plus intellectuellement médiocre, qui soit. Ils finiront même par vous remercier de les en avoir épargnés, vous verrez.

   À ce propos et concernant cette course à l’exposition médiatique, vous pourriez même aller plus loin, Monsieur le Ministre, en rendant obligatoire le port de la tenue pour les interventions publiques syndicales. Du Préfet de Police au simple chef de service, chacun se plie à cet exercice. Il semble étonnant que seuls les représentants des organisations syndicales puissent s’en affranchir alors qu’ils sont censés représenter ceux qui sont fiers de porter l’uniforme au quotidien sur la voie publique. Et puis cela serait l’occasion, pour certains, de mettre en évidence leurs grades et décorations certainement chèrement gagnés au feu.

   Parlant d’équité et d’intégrité, Monsieur le Ministre, et puisque les passe-droits syndicaux sont dans votre collimateur averti, vous pourriez, permettez-nous de vous le suggérer, faire en sorte que cesse également cet usage qui consiste à confier le choix et l’affectation à certains postes aux syndicats. Ces listes qu’on nomme sans vergogne les "listes de pistonnés" négociées de façon inique en commission sur la base des listes dites "préparatoires" et qui permettent que certains fonctionnaires en fin de scolarité - que rien ne distingue de leurs collègues - n’aient pas à choisir de postes selon le classement, et que d’autres en attente de mutation puissent davantage compter sur leurs années de cotisation que sur des règles d’équité pourtant bien établies, pour obtenir l’affectation de leur choix, ni vu ni connu je t’embrouille.

   Ça aussi, Monsieur le Ministre, il serait juste que vous y mettiez un terme. Vous n’imaginez pas les tensions que cela peut générer. Et les déprimes et déconvenues lorsqu’un policier a connaissance de la mutation vers un poste convoité de longue date, d’un autre, quand celui-ci n’a que l’heur d’appartenir au bon syndicat, et d’avoir flatté la bonne personne le temps nécessaire à obtenir gain de cause.
C’est terriblement injuste et inéquitable.

   La délégation cédée aux syndicats pour l’attribution de certains logements aux fonctionnaires souffre des mêmes maux. Il serait logique que ce rôle soit aussi entièrement remis à la neutralité de l’administration. Ce qui se fait de manière impartiale et anonyme n’aura jamais les mêmes travers que les affres du copinage, surtout pour quelque chose d’aussi essentiel que le logement. Voilà encore là un cache misère syndical, laissant croire que ces organisations sont incontournables alors même qu’elles sont attendues en vain sur le terrain des acquis sociaux et de la qualité du service public.

   Il faut que vous sachiez, Monsieur le Ministre, que les mots "magouilles syndicales" font partie du vocabulaire policier, et que ce n’est pas à tort.

   Si c’est intentionnellement que le ministère de l’Intérieur laisse cette liberté, et de telles marges de manœuvre dans des domaines et décisions qui devraient être du ressort exclusif de l’administration, c’est au prix de la cohésion et de l’équité. Et c’est dommage pour cette profession qui par essence n’est déjà pas simple à exercer.

   Au nom des policiers qui, nombreux, se confient à nous et sont attachés aux principes d’équité et de neutralité de la fonction publique, nous vous remercions, Monsieur le Ministre, de l’attention que vous porterez à leurs voix libres et sans étiquette.

   Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, l'expression de notre respect et sincère considération.

Marc Louboutin et Bénédicte Desforges
auteurs et ex lieutenants de police

ref : Claude Guéant veut remettre des détachés syndicaux sur la voie publique
(LeMonde.fr, 9 novembre 2011)

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Bénédicte Desforges

#actu police, #syndicats

19 Octobre 2011


L’automne italien


À l’appel de leurs syndicats de gauche comme de droite, les policiers italiens ont manifesté mardi 18 octobre devant le Parlement à Rome, mais aussi devant toutes les préfectures des villes de province.

Toutes tendances politiques confondues, ils ont dénoncé le manque de moyens donnés à la police, et les coupes budgétaires qui touchent le secteur de la sécurité de façon drastique depuis trois ans.
Le déficit en moyens matériels et la carence en effectifs est à un point tel, qu’aujourd’hui l’ensemble des organisations syndicales s’accorde sur le fait que la sécurité ne peut plus être assurée convenablement.

Évoquant la manifestation des indignados qui a dégénéré samedi dernier à Rome - avec un bilan de 130 blessés - un syndicaliste a déclaré que « en l'absence d'effectifs suffisants, la police n'a pas pu permettre aux indignés de défiler dans le calme contre ce capitalisme exacerbé. »

« Les restrictions sont telles que les boucliers des policiers assurant le maintien de l’ordre ne sont plus remplacés » déclare un autre représentant du personnel, ajoutant qu’ils doivent à présent faire l’avance de leurs frais de déplacement.

« Face à la hausse de la criminalité, le gouvernement doit investir dans la sécurité » estime encore un policier.

Mais c’est sur un autre aspect de leurs difficultés que les policiers italiens sont allés à la rencontre de leurs concitoyens : la pénurie d’essence.
Selon l’ensemble des syndicats, de plus en plus de véhicules d’intervention ne quittent plus leur stationnement faute de carburant. Le budget alloué à l'essence et la manutention a été divisé par deux en un an…

Les policiers italiens ont donc organisé une collecte de dons, symbolique et spectaculaire, à l'aide de tirelires géantes afin de pouvoir refaire le plein de leurs voitures de service, et ils ont remis à chacun un communiqué signé de tous leurs syndicats.

Cette journée d’action s’est déroulée dans le calme et a remporté l’adhésion et la solidarité de la population italienne, qui a pu comprendre grâce à cette démonstration par l’absurde, la nécessité de préserver les services publics.

« Cela ne fait pas honneur à ce gouvernement, qui a gagné les dernières élections en axant sa campagne sur la sécurité et l'ordre public...» a commenté un policier.


L’automne portugais


Policiers et gendarmes portugais, mobilisés par une coordination de syndicats et d’associations de professionnels des forces de l’ordre, ont mené à la fin du mois de septembre 2011, une semaine d’action - semana da indignação dos polícias - pour protester contre les restrictions budgétaires, le gel des salaires (bien qu’un accord salarial avait été convenu en 2010) et la dégradation de leurs conditions de travail.

Touchés par la crise au même titre que les employés des autres services publics, et n’échappant pas à une légitime inquiétude qui est celle de chaque citoyen, ils ont décidé de se rassembler et mener solidairement des actions de contestation.

« Si le budget alloué à la police n’augmente pas, il n’y aura pas d’autre choix que de mettre la clé sous la porte. » explique un leader syndical.
« La seule façon de mettre un terme à cette semaine de mobilisation serait que le ministre garantisse l’entrée en vigueur d’une hausse salariale. » précise le secrétaire national de la coordination, qui a déjà prévenu que le bras de fer allait durer.

La semaine de revendications des policiers portugais s’est organisée autour de multiples actions parmi lesquelles une baisse maximale de l’activité contraventionnelle, et des arrêts de travail avec certificats médicaux à l’appui. Et pour finir par une importante manifestation unitaire dans la capitale, qui a réuni des centaines de policiers venus de tout le pays, en civil mais aussi en uniforme, au mépris du règlement, qui là-bas aussi l’interdit, et acceptant solidairement le risque de sanctions disciplinaires.

Les fonctionnaires de police en service chargés du maintien de l’ordre, se sont joints à la marche tout en contenant le cortège, et ont fait en sorte que puisse être remise une lettre au ministre de l’Intérieur réclamant la revalorisation de leurs salaires, et l’amélioration de leurs conditions de travail.

En avril 2011, à l’appel de la même coordination syndicale, plus de 8000 policiers portugais avaient déjà défilé dans les rues de Lisbonne.

Juntos venceremos o estatuto que queremos e Basta de demagogia, estatuto digno já!


L’automne français

syndicalismepolicier


Pendant ce temps à des milliards de kilomètres de là, sur le lointain continent Europe, en France, le pays où tout va bien dans le meilleur des mondes, les responsables des gentilles organisations syndicales de policiers français se demandaient à quoi ils pourraient bien occuper leur mandat.

Le syndicat Alliance a opté pour la guerre, et passe agréablement son temps au tribunal à rectifier les conneries de quelques collègues qui ont complaisamment soumis à la sagacité de Copwatch le déroulé de leur vie privée et professionnelle, ainsi que leur pedigree complet sur trois générations, sur les réseaux sociaux. Copwatch a donc encore très facilement complété sa collection d’images de fonctionnaires de police comme autant de cartes Pokémon, et Alliance a aussitôt bondi en renfort du ministre de l’Intérieur qui a déjà fort à faire avec le commissaire Neyret, qui aurait – parait-il, de source proche de l’enquête – à voir avec le torpillage du Titanic, et qui est chaque jour balancé par un vertueux collègue de plus.

Parallèlement à ce combat syndical de compétition, Alliance continue de veiller à son enquête scientifique, qui après des dizaines et dizaines de questions posées à des collègues qui n’ont décidément pas de quoi occuper leur temps libre, révèlera, conférence de presse à l’appui, qu’il y a un malaise dans la police, et en énumérera les causes qu’on connaît déjà par cœur.

De son coté, Unité Police SGP FO toujours plus offensif a organisé un méga meeting géant dans le plus grand secret avec rien que des délégués syndicaux. Les flics de base, ils ne savent pas se tenir et ils ne font rien que de rouspéter, ils croient qu'ils peuvent tout dire, c’est pénible à force. De toute façon la tenue de ce meeting n'ayant été révélée aux adhérents qu’une semaine avant, et vu le déficit en effectifs, pour avoir la journée, c’était pas gagné. Bref, ils étaient donc entre deux et trois cents selon la police.

Le secrétaire général a déclaré que son meeting était le signal visible de la colère froide des policiers (…) et instaurait un rapport de force dans toute la France contre la RGPP.
Il a usé et abusé de mots clés – force, colère, ça ne peut plus durer, etc – sans aucune mesure avec l’action syndicale réelle observée sur le terrain, c'est-à-dire trois fois rien.
Et Nicolas Comte de conclure que les fonctionnaires de police ne vont pas se laisser faire ! et de promettre «une très grosse colère» des policiers à l’été prochain.
C’est extrêmement impressionnant, non ?

Sauf qu’à la manifestation de décembre 2009 organisée par ce même syndicat, juste avant les élections professionnelles, des promesses, toujours des promesses, il y en avait déjà eues.
Les policiers ne vont pas se laisser faire, les poulets ne se laisseront pas plumer! clamait-il déjà en évoquant un rapport de force avec le ministère.
Une fois, pas deux ! avait-il martelé. Une fois, pas deux !
Et de faire la menace, alors déjà, d'une manifestation monstre à Paris.
Qui n’a jamais eu lieu.

Dommage que la colère reste… froide.

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Bénédicte Desforges

#actu police, #syndicats