3 Mai 2010

J'avais découvert ce texte en 2007. Il est rédigé par des fonctionnaires de police.
Cet appel n'a eu aucun écho et c'est dommage.
Dans ces lignes, aucune complaisance corporatiste, mais un message qui va bien au-delà, vers la police et les institutions.
Avec de l’espoir et un rappel salutaire des fondamentaux du métier de policier.
Sans résignation.

J’aimerais rentrer en contact avec ce qui reste de ce collectif...

 

Appel (extraits) d’un collectif de policiers républicains (*).

   L’organisation, les méthodes et les objectifs de la police nationale ont subi ces dernières années des remaniements de grande ampleur qui ont rendu notre travail plus pénible et plus dangereux, en même temps qu’il en devenait de plus en plus contre-productif. La « culture du chiffre », la notation « au mérite », le mépris envers les « crapauds » enseigné dans les écoles de police, un esprit de corps dévoyé en véritable loi du silence, la suppression de la police de proximité et de la plupart des actions socioculturelles ont transformé notre mission de protection de la population en affrontement quotidien avec celle-ci. Les nouveaux délits de voie publique et l’obligation de résultats chiffrés ont transformé la lutte contre le trafic de drogue en chasse au petit consommateur de shit (…), la lutte contre la délinquance et la criminalité violente en recherche d’outrage-rébellion par la provocation gratuite et délibérée (…).

   Si les comportements les plus graves (violences, rackets, racisme) sont le fait d’une petite minorité de fonctionnaires indignes de la République, leur couverture systématique à tous les niveaux de la hiérarchie, allant jusqu’à la falsification des procès-verbaux, et la répression des collègues cherchant à s’y opposer, font rejaillir leur faute sur l’institution tout entière. De plus, les pressions hiérarchiques, désormais privées de contre-pouvoir judiciaire par la fusion des corps d’OPJ et de gardien de la paix, sont telles, l’appréhension des réactions du public si grande, la formation des jeunes collègues et leur encadrement sur le terrain si défaillants, qu’aucun de nous n’est désormais à l’abri d’un dérapage ou d’une perte de contrôle de la situation (…).

   La police nationale est subséquemment de plus en plus considérée par la population, et jusque dans les rangs de certains de nos collègues les plus inexpérimentés, comme une force étrangère à la population, qu’elle devrait « mater » et non protéger (…). Notre travail consiste aussi à réunir des preuves indiscutables contre les délinquants et les criminels, et pas seulement à les amener menottés devant le procureur : la culture du résultat, de la quantité de procédures, s’avère ici contre-productive puisque, en amenant des délinquants endurcis à être libérés faute de preuves, elle induit chez eux un sentiment d’impunité qui les conduit à repousser toujours plus loin les limites de la violence, à l’endroit du public comme des fonctionnaires de police.

   Nous avons choisi ce métier mus par un idéal de service, pour faire respecter les lois de la République, protéger la vie, les biens, les droits de nos concitoyens. Nous sommes fiers de cet idéal que nous portons chevillé au coeur, nous sommes fiers d’être policiers. Mais nous avons honte de ce qu’on nous fait faire, de l’image que donne d’elle-même notre institution (…).

   Nous ne signons pas ce texte et le regrettons sincèrement. Nous constatons, non sans tristesse, que les circonstances actuelles ne le permettent pas (…).
Les « brebis galeuses » ne sont plus aujourd’hui les fonctionnaires corrompus, violents, racistes ou gravement - alcooliques, mais ceux qui s’opposent à leurs agissements (…).

   Nous gardons cependant bon espoir : de même que la grande majorité des fonctionnaires de police souhaite accomplir son noble voeu de protection des biens et des personnes dans la dignité et le respect des lois de la République (…), de même la grande majorité de la population souhaite vivre en paix et respecter la loi et ses représentants. Nous entendons contribuer par ce texte au sursaut républicain qui rendra à la police nationale son honneur, sa fierté et la sympathie de la population, et réaffirmons notre confiance dans l’esprit républicain du peuple français, de ses représentants élus et de ses fonctionnaires de police (…).


(*) Une trentaine de fonctionnaires de police, pas ou peu gradés, en tenue ou en civil, affectés sur la voie publique, CRS, BAC, en région parisienne, Rhône-Alpes et Nord-Pas-Calais.

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2 Mai 2010

  Quelques lignes et une vidéo pour recadrer la place du football, du rugby et du macramé dans le travail quotidien de la police.

  « La police n’est pas là pour organiser des matchs de football », ça vous dit quelque chose ? Évidemment. On parle là de police de proximité.

  Une petite phrase devenue slogan qui a fait beaucoup de mal.
  Reprise en boucle, de ministre de l’Intérieur en ministre de l’Intérieur, de débat d’experts en propagande tout-sécuritaire.
  À un point tel que même certains fonctionnaires de police la radotent à l’infini, telle quelle, sans chercher à savoir son origine, et croyant ainsi énoncer une définition par l’absurde de la police de proximité.
  Trimbalée par le téléphone arabe, cette phrase a beaucoup de déclinaisons. La police n’est pas là pour faire du sport avec les jeunes, la police n’est pas là pour taper dans le dos des délinquants mais pour les arrêter, la police n’est pas un travailleur social, et j’en passe, et des pires.
  Donc, la police n’est pas là pour organiser des matchs de football.
  La police de proximité se résume désormais à cette phrase. Pour le citoyen lambda, à qui on n’a pas tout dit, et qui n’aime pas trop imaginer son impôt investi dans des maillots de sport pur lycra Police Nationale, la police de proximité = football avec la racaille. Et football n’est pas synonyme de lutte contre la délinquance, que l'on sache. Alors évidemment, la police de proximité, il s’en méfie, il se dit que ce n’est pas efficace, que ça ne sert à rien, et que les bobo-gauchos-socialos ont asservi une police nationale pourtant bien disposée à droite, à leurs caprices populistes. Il était grand temps que ça cesse, parce que la police n’est pas là pour organiser des matchs de football, qu’on se le dise.

  Ça c’est un beau boulot de communication...

  Cette fameuse phrases se répète depuis plus de 7 ans.
  Énoncée ainsi et privée de son contexte, elle est une évidence.
  Voilà l’histoire. C’était en 2003 à Toulouse. Monsieur Havrin, alors directeur départemental de la sécurité publique et ses effectifs en ont fait les frais.
  Et petit détail en plus, ce n’était pas un match de football mais de rugby.

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B. Desforges

#actu police

8 Avril 2010

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6 avril 2010

 

et une chronique de Police Mon Amour sur 1001 livres  1001livres

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B. Desforges

#revue de presse