28 Juin 2006

(avril 2006)

Les multiples interventions et allocutions de pré-campagne présidentielle de Sarkozy imputables sur son temps de travail de ministre, ne suffisant plus, les opérations de spamming orchestrées par les services de communication de l’UMP ayant été exploitées à fond, l’ambitieux démago a trouvé LE truc…
Astuce : le moteur de recherche Google affiche sur le coté droit de sa page une colonne de liens commerciaux. Il s’agit des Adwords de Google. Toute entreprise ou site désirant faire sa pub peut figurer là, un lien apparaîtra alors pour des mots-clés précis choisis par l’internaute.
Et c’est ainsi que sur certaines recherches, on peut découvrir le site de l’UMP sur des annonces diverses (pétitions, débats, etc.), et citant systématiquement le nom de Sarkozy. Assez comique quand il apparaît entre les liens de Ebay et d’un site de rencontres…
Renseignements pris, ce procédé a fait couler de l’encre depuis les émeutes de l’automne ou le lien Sarko apparaissait sur les mots-clés «banlieues», «voitures brulées», «racailles», etc. Cette méthode politico-promotionnelle est une exclusivité de l’UMP…
Je me suis amusée à taper quelques mots-clés, et j’ai découvert le lien de racolage de Sarkozy sur ceux-ci :
> Entre autres liens promotionnels :
Liberté, égalité, fraternité, violence urbaine, sécurité, police (bien sûr), droite (on s’en doutait), politique, immigration, discrimination, jeunes (démago !), CPE, actualité, justice
> UMP seul lien commercial sur ces mots-clés :
république, démocratie…un monopole de l’UMP ?
2007, vote… en campagne ! Ca a le mérite d’être clair…
> Plus marrant :
Villepin, Hollande, Jospin (les adversaires de demain), éducation nationale, premier ministre (son éternelle frustration)…
> Et le mot-clé qui ouvre toutes les portes :
BLOG !
On se doute que l’UMP a bien compris que le web sera un vecteur essentiel dans la campagne présidentielle à venir, mais l’omniprésence de ces liens est oppressante et douteuse quand on tente de comprendre le choix des mots-clés.

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28 Juin 2006

(février 2006)

  Des flics dans les écoles ! Ben tiens ! Et tant qu’on y est, pourquoi pas des miradors et la Légion Étrangère pour surveiller les cours de récréation ?
  Les principes de la République viennent encore de s’en prendre un coup (de matraque) dans la gueule.
  Quoi de mieux pour initier les enfants au plus tôt, aux fondements d’un État policier, et en plus les mettre tous collectivement en situation de délinquants potentiels ?
  Comment faire cohabiter une présence policière au collège avec l’apprentissage de la responsabilité, et un enseignement du civisme ?
  Comment s’y prendre mieux pour humilier les professeurs et leur faire signer un constat d’échec, alors qu’ils ont l’arsenal de règlements nécessaires pour faire la «loi» dans leur établissement ?
  Qu’on les aide, et qu’on leur donne déjà les effectifs supplémentaires qu’ils réclament, mais de leur ministère ! Pas des flics !
  Certes, il y a des problèmes de violence et des délits mineurs dans certains établissements scolaires, mais c’est le boulot des CPE et des surveillants PARCE QUE c’est dans l’école. S’il s’avère qu’un fait est du ressort de la police - ce qui est quand même rarissime - l’incident doit, par principe, être traité dans un commissariat, ne serait ce qu’à titre pédagogique pour le jeune qui peut alors intégrer le fait qu’une limite a été franchie : la porte de l’école et celle du commissariat… Et ce n’est pas à la police de les franchir dans l’autre sens.
  C’est essentiel de faire la part des choses, et de ne pas mélanger les genres. A chacun son boulot, chacun son espace, et pas d’ingérence abusive.
  Parce que avec Sarkozy l’instigateur de cette mesure, on peut à coup sûr anticiper sur d’autres objectifs moins avouables. Pourquoi ne pas profiter de cette présence policière pour repérer les enfants en situation irrégulière sur le territoire, par exemple ?
  Ce n’est pas l’intégrité du flic que je met en cause, mais que réservent les consignes plus ou moins explicites (et plus ou moins écrites) qu’on leur demandera d’appliquer ?
  Marianne, tu commences à ressembler à un monstre…

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B. Desforges

#au jour le jour

28 Juin 2006

(15 novembre 2005)

Un flic incarcéré.
Des flics mis en examen.
Mes collègues…
Flics de La Courneuve dont j’imagine trop bien le travail depuis ces quelques temps de violence urbaine.
Flics, qui à force de faire des heures de rabiot ces soirs et ces nuits très médiatisées, n’ont probablement pas le temps de repos réglementaire pour s’apaiser l’esprit et la fatigue.
Flics des communes oubliées, flics à mettre dans le même sac de mépris des pouvoirs publics, que les mômes après qui ils s’usent les semelles.
Mômes qui ne savent pas encore que c’est rien d’autre que le désespoir qu’ils expriment en brûlant leur vie. Une façon barbare d’allumer la lumière, quand tous les disjoncteurs sont au rouge, et rongés d’indifférence.
Cités qu’on a considérées comme un concept hip-hop, un arsenal de tendances contemporaines, un creuset de rappeurs et taggeurs à fric, alors qu’il fallait aller au-delà des façades médiatiques pour les entendre.
Si on parle des Cités de Star-Banlieue, c’est qu’on n’est déjà plus en banlieue…
Flics, meilleurs interlocuteurs de cette furie, flics qui vivent dans les mêmes cités, avec des trains de vie qui les condamnent aux cages à lapins.
Flics qui partagent souvent les mêmes terrains de foot, flics qui ont des mômes qui s’absentent le soir, et reviennent essoufflés.
Mômes désapprouvés par les flics, mais pas incompris…
Mômes qui, il n’y a pas si longtemps, étaient d’espiègles bambins qui disaient… Quand je serai grand…
Flics à qui on n’apprendra rien, en leur assénant que les dérapages banlieusards ont des circonstances atténuantes.
Flics qu’on oblige à la prévention réfléchie, et à la répression sans pitié. Flics obligés d’appliquer des arrêtés municipaux, et des lois à géométrie variable selon les dynasties de ministres.
Flics en sous-effectifs dans ces communes, alors que la France est le pays le plus policé d’Europe. Les centres villes, les ministères, les ambassades, la tranquillité du pouvoir et des nantis, s’entourent de barrières humaines bleues et armées, que la banlieue aimerait avoir dans ses rangs au moins le temps d’une nuit rouge.
Logique inversement proportionnelle à la nécessité.
On parle de Droits de l’Homme, et les atteintes aux biens sont plus punies par les Tribunaux de la République, que les atteintes aux personnes…
Flics, faut-il le rappeler, qui n’ont statutairement pas le droit de grève.
Flics mal logés, mal payés, flics qui travaillent les nuits, les week-ends et jours de fête, pour que tu dormes tranquille.
Flics pas assez nombreux pour que tu ne sois pas réveillé dans ton sommeil. Un flic au trou aujourd’hui…
Pour avoir pété les plombs, et mis une tarte à un excité du caillassage…
Et un ministre qui aurait pu laisser cette affaire se régler à un moindre niveau, s’il n’avait eu tant besoin, intervention télé à l’appui, et nécessité de cote de popularité, de rallier à sa cause de l’ordre public aveugle, tous les justiciers masqués de la nuit.
Et laisser croire à une volonté d’équité devant la Loi…
Ne suffisait-il pas de suspendre ce flic de ses fonctions, et de le mettre sous contrôle judiciaire, le temps de l’enquête ?... Sachant qu’il y a eu bien moins de gardes à vue que d’interpellations ces jours-ci…
La plaintive victime de ce flic, paradant hier devant les caméras sans aucune trace de coups visible, procédure de l’IGS à la main, est aujourd’hui en garde à vue pour avoir jeté, quelques heures plus tard, des pierres sur des Pompiers en train de maîtriser un feu de voiture.
Encore aujourd’hui, même si j’en réprouve l’expression, je comprends sa haine. Ceci dit, ministre et médias vont bien vite en besogne…
Mais j’entends au-delà de tout, le ras le bol de mes collègues, devant tant de travail rendu vain par la politique ambiante, pour tous les risques encourus sans reconnaissance, et à travers leurs accès d’agacement devant tant d’impuissance…
A mon avis, il y a encore des baffes qui se perdent.

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B. Desforges

#actu police