7 Novembre 2007

Martine1.jpg    Martine2.jpg

Martine4.jpg    Martine3.jpg

Oui je sais, c'est déjà hasbeen.
La semaine dernière, tout le monde a fabriqué ses Martine sur son blog, et j'ai complètement oublié de le faire. (c'est ballot quand même, roooo...)
Voilà. 

Voir les commentaires

2 Novembre 2007

Aujourd'hui 2 novembre, FLiC se fait petit (mais toujours aussi beau) chez J’ai Lu !
Mon FLiC continue donc sa belle vie de livre en édition de poche.
Et je lui souhaite le même succès que son original !

Voilà donc le petit clone de FLiC :


           

Voir les commentaires

B. Desforges

#vies de livres

23 Octobre 2007


 

  Samedi matin, six heures gare de Lyon.
  Je m’apprêtais à refaire la scène 1 de l’acte 1, celle qui précède tous les salons du livre, « Aaaoooaaah, mais tu es là toaaaa ! Trop cool, dis ! T’es dans le wagon 13 aussi ? » 
  Mais là, pas de wagon, pas de train, que dalle, train supprimé. Du jamais vu, un traindézauteurs supprimé ! Non, mais t’imagines ? La grève des cheminots avait avalé le train mythique, et la voie B était incroyablement vide. Je suis allée me renseigner sur la localisation géographique de la ville de Saint-Étienne, que jusqu’à ce jour je situais sur les vinyles de Bernard Lavilliers.
  J’ai compris qu’en allant à Lyon, je me rapprocherai de ma destination, et je me suis mêlée à la ruée sur un TGV qui avait accepté d’aller par là-bas. Deux fois plus de passagers que de sièges. Dingue. J’ai fait un plongeon pirouette triple salto sur un siège de première classe et là, j’ai fait semblant de mourir pour ne pas me faire dégager.
  A Lyon, une jeune fille frigorifiée brandissait un panneau de la Fête du Livre de Saint-Étienne, et j’ai découvert sous son aile, d’autres auteurs clandestins du TGV, échevelés, désespérés et l’œil hagard. Nous sommes revenus à la vie dans un car qui nous a menés à bon port.
  Le salon du livre avait lieu sous une sorte de tipi géant devant la mairie. J’étais installée à coté de Maud Tabachnik, un pur handicap pour petit zauteur émergent si on considère le livre au mètre carré. Elle est un poids lourd du thriller avec des dizaines de livres, et pour mon unique œuvre complète sur la même table, la visibilité n’était pas jouée d’avance. Mais quelle chance de faire sa connaissance. Un peu plus loin, Van Loc, dit Le Chinois, pas le tueur, l’autre, l’ex patron du GIPN, qui n’a fait rien que de renverser du café sur ses livres.
  Avec ma copine d’édition Florentine Rey, on écoutait ce qui se disait au micro : « Viendez découvrir des auteurs ! Jean d’Ormesson, Gonzague Saint-Bris, Régine Deforges (attends un peu, toi...) dédicacent leurs livres aux stands gnagnagna…
- ouais ouais ouais, tu parles de découvertes, hein ?
- de parfaits inconnus, de jeunes talents en devenir, en effet… et nous alors ?
- Florentine ! Réagissons sur le champ ! Ayons des exigences d’auteur ! L’avenir est à nous et le pouvoir est dans le micro !
- Yeaaaah, se met à crier Florentine en bondissant sur la table, saisissons-nous de ce maudit micro, et existons enfin au milieu des grands ! (Florentine est toute pitite.) La lutte des classes ne passera pas par nous !
  J’ai immobilisé l’animateur au sol avec une clé de 12, tandis que Florentine diffusait une alerte à la bombe sur tous les stands sauf le notre.
  Nos milliers de lecteurs arrivèrent enfin. Presque tous me demandèrent si j’étais la fille de Régine. Et j’ai fini par aller voir Régine DEforges. « Ecoute Régine, ça commence à bien faire. Veux-tu bien cesser de dire à tout le monde que je suis ta fille ! Bon, je veux bien comprendre cette tentation qui est tienne de surfer sur le succès international de mon livre pour caser les tiens, mais hein faut pas abuser. Je suis obligée d’apporter un démenti formel à tes allégations. »
Régine a alors secoué sa chevelure rousse et m’a dit « pffff… ».
  Dépitée, j’ai traversé l’allée et je suis allée saluer mon amie Tatiana de Rosnay
« Hi Tatiana ! So cool to meet you here, honey ! Pas trop de souci avec la grève des trains ?
- Du tout, du tout. Je suis venue en avion privé avec Jean d’Ormesson. Tu veux une pastille à la menthe ?
- Oui merci. Oh, tu n’étais pas aux 24 heures du Livre, dis ?
- Ah ben non, j’étais à Francfort invitée par mes dix-neuf éditeurs.
- Wow. Tu me redonnes une pastille, dis ?
  Et Jean d’Ormesson a serré Tatiana contre son cœur, ils avaient l’air tellement heureux tous les deux que je suis allée embrasser Gonzague Saint-Bris (non sans avoir piétiné au passage des dizaines de Gonzague-addicts.)
  Je suis ensuite partie déjeuner avec un trio de choc : Emmanuel Schwartzenberg qui a écrit un livre de révélations sur la crise de la presse quotidienne et que peut-être bien qu’il lui faudrait un garde-du-corps, Dominique Lormier, bouddhiste, marathonien, boxeur et écrivain, qui a une telle production qu’à mon avis, il doit même écrire en dormant, et Florence leur attachée de presse. On est tous devenus potes à la vie à la mort, c’était bien, c’était bon.
  Le soir, je les ai retrouvés au dîner qui était donné au Musée d’Art Contemporain. Florence se faisait servir des plateaux de petits fours pendant qu’Emmanuel s’occupait du vin. Gonzague est arrivé avec son grand manteau noir, qu’on aurait dit un prince. Je n’ai pas résisté une fois de plus et je suis allée l’embrasser. Ben oui, encore. Après cet émoi, Dominique et moi sommes allés visiter le musée, parce que vu qu’on était sur place ça aurait été dommage de ne pas en profiter.   
  Nous avons clairement identifié une œuvre collective de la classe de maternelle moyenne section de Saint-Étienne, mais le reste on n’a pas tout compris. Ça doit être une histoire de formatage. On est revenus à table déguster un dessert à la tomate conçu par une créatrice culinaire mais trop cuit, la pauvre.
  Le lendemain, beaucoup de monde au salon. Un monsieur m’a pris un FLiC, une œuvre magnifique, pour son fils qui est flic, et après il m’a offert un livre. (Encore merci, et bon courage pour tout, Lucas !) J’ai déjeuné avec Florentine, et on s’est amusées d’un auteur à la table d’à coté qui emmerdait la serveuse en ne la laissant pas poser son assiette devant lui. « Tsss tssss » s’agaçait-il. Sa grandeur était en train d’écrire une bafouille sur un post-it, et la malheureuse troublait l’auteur dans son élan créatif. Quand on dit que c’est pas les plus grands les plus chiants…
  De retour au salon, Gonzague est passé par mon stand et comme c’était un jour nouveau, je l’ai embrassé. Faut doser.
  Dans l’après-midi, j’ai participé à un café littéraire avec Jake Lamar, un Américain à Paris auteur de polars, et Henri Gentet, un commissaire divisionnaire de Marseille affecté à Lille (ben oui, la police c’est aussi ça) également auteur d’une fiction policière. On a parlé de nos livres, de l’image du flic dans la société, et des séries télé et là on était tous d’accord.
  On était bien à Saint-Étienne, mais on nous a obligés à repartir à la gare. Contre toute attente, un TGV allait passer par là. Et surprise, un pot d’au-revoir nous attendait. J’en ai profité pour aller dire tout mon respect à Huguette Bouchardeau, et quelques conneries à Jean-François Derec qui est toujours aussi sympa et amical d’un salon à l’autre.
  J’ai voyagé avec la bande de malfaiteurs de Calmann-Levy. Dominique a déclaré la guerre en parlant du bel éclairage de l’automne. Emmanuel a aussitôt riposté en évoquant la forme d’un nuage que j’avais pris pour un ovni, et nous annonçant la vitesse du vent et la pression atmosphérique pour le lendemain. On était tous sciés et on est allés au bar du TGV boire un coup de Beaujolais.
  Peu de temps avant l’arrivée, Gonzague est passé et je n’ai pas osé lui demander son badge en souvenir. Il aurait peut-être cru que je voulais le vendre sur ebay, remarque. 
  Mais c’est pas grave, on se reverra.
 


(clic sur les noms des auteurs pour voir la biblio)

Voir les commentaires

Bénédicte Desforges

#vies de livres