Louis-Ferdinand Céline (27 mai 1894 - 1 juillet 1961)

1 Juillet 2011

"Comment se fabriquent, je vous demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d’aujourd’hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?… déesses ?… recueillir plus d’âmes en un jour que Jésus-Christ en deux mille ans ?… Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !… Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités… Du coup, on la gave, elle en crève… Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules… mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie… Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture. "

L-F.Celine
Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre, 1937

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E

Bon écrivain. Dommage qu'il utilisa sa plume au service de ce qu'il détestait : la vulgarité et la brutalité. Son antisémitisme est d'autant plus détestable qu'il était intelligent et cultivé. Il
aurait dû être exécuté comme d'autres, qui eux n'avaient pas l'excuse d'être talentueux et furent mis à mort sans état d'âme.


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K

Ce qu’on peut rencontrer comme benêts, c’est tragique. Benêts, c’est à dire de pauvres gars et de pauvres filles qui s’indignent là où on leur dit de s’indigner. Ca dégueule dans le sens du vent,
sans discernement, contre le nucléaire, contre la mal qu’on dit des juifs. Mais ça dégueule triste - parce que le Benêt est pleurnichard et tiède, persuadé de faire le bien avec son dogme de
tolérance. Trop d’eau bénite tue le pastis, non ?


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K

Ah, la nunucherie du premier commentaire me laisse REVEUR. Ce que Céline dit ici, il semblerait presque l'avoir écrit hier soir tant cette colère colle si bien à notre merdique époque.


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N

Bon c'est vrai je reprend encore le tapoir ou l'comment'staire pour les intimes;
Le Céline... il n'a jamais fais de mal à personne... il a dit, c'est tout... trop dit d'après eux, les cachot-iers du magot!.
Cela maudit de mal-dire, ce genre d'aventure... Faut des boulets dans les sacoches pour lâcher ses peties vérités, les bien saignantes, les juteuses z'aventure de l'homme pion.
Faut pas trop compter sur ses richesses, c'est l'abandon, le dont de ses foies jetés pourceaux...

Nocif


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N

Quand tu lis le Célinovitch touvabiennovitch, tu peux te passer de bien des grandes z'écoles, tu pourrais même encore bien réussir ta vie avec juste avec un de ses livres sous le bras... t'apprends
à ne pas se faire renverser déjà en traversant dans les passages pour piétons.
En trois lignes il t'en met autant dans la cafetière qu'en une année de ce soir ou jamais en famille.
Cela décrasse parfois trop, pas évident à recevoir


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J

Bravo pour avoir mis cette phrase de Céline. Grand collabo pendant la deuxième guerre mondiale, d'ailleur sa citation ne serait elle pas autobiographique. Et dire qu'on essaye d ele réabilité sous
prétexte qu'il était un bon écrivain. Etre un artisite n'empêche pas la connerie. Je m'attends à ce qu'on fasse de même pour Pétain et Marie-Antoinette !
Ignorer l'histoire c'est ouvrir la route à nouveau à la dictature.
Fils, petit fils, petit neveu de résistant moi-même j'aurais préféré lire sur ton blog un hommage à l'anniversaire des 70 ans du mouvement social ouvrier qui en 1941, a permis à 100.000 mineurs du
bassin des houillères du Nord Pas de Calais à faire grève malgé l'occupation.
Cordialement.


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B


J’aime bien l’écrivain Céline, et je trouve cet extrait parfait. Jubilatoire.
Ce n’est pas encore un délit, j’en profite.
Sinon, tu n’as pas à me donner de leçon d’Histoire, ni à m’indiquer ce que je dois ou non écrire sur ce blog, et le pedigree de ton ascendance ne présume pas de ton engagement en quoique ce soit
d’équivalent.
Il y a aussi des dictatures qui sont arrivées à la faveur de la censure...

(PS : si tu trouves un recueil de blagues écrit par Marie-Antoinette, je suis preneuse)



V

Je ne connaissais pas cet auteur. Je suis impressionné. Cette citation est extrêmement violente, et étonnamment fluide. C'est (presque) beau.


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B

Dans l'extrait, je n'ai rien trouvé en effet mais l'œuvre est quand-même un manifeste de l'anti-judaïsme.


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B


 Oui je sais bien, mais je n'allais pas censurer cet extrait. J'aime bien l'auteur sans pour autant approuver ce qu'il exprime dans les pamphlets.



B

Je ne crois pas non. Cinquantenaire, je veux bien mais pas plus. ^^

Les plaidoiries pour des valeurs contraires à la République me dérangent quand elles ne sont pas accompagnées d'une explication.


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B


Ooops, j'ai écrit cent en pensant cinquante :/
Sinon, je ne vois pas où il est question de valeurs de la République dans cet extrait-là. Là il parle plutôt des gens et de leurs veaux d'or, non ?



B

J'aurais plutôt cité Emmanuel Mounier, "Lendemain d'une trahison", Esprit, 1er octobre 1938.
"Bourgeois, ils admirent la puissance et le succès. Décadents, ils frémissent sous les manières brutales. Petits bourgeois par le coeur, ils s'extasient devant les alignements, la pompe, la parde,
sur ce comédien mystique qui devant cent mille hommes (...) fait converger sur lui une batterie de projecteurs. Et, surtout, propriétiaires en alarme, ils voient dans ces masses compactes, dans
cette police insinuée jusqu'aux ramures de la vie privée, dans cet ordre de fer, la garde prétorienne qu'ils n'osent demander aux démocraties contre les menaces du "communisme". (...) On ne
comprendra rien au comportement de cette fraction de la bourgeoisie, si on ne l'entend murmurer à mi-voix : "Plutôt Hitler que Blum".


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B


Oui, mais comme c'est le centenaire de la mort de L-F.Céline...



D

Hi Bêné,

C'est très "dans le ton"... La route vers l'émancipation est encore longue, l' espoir. est permis. Une chose est sure, il ne faut pas trop compter sur la poignée de décideurs du moment pour nous
montrer le chemin. Et si charité bien ordonnée commençait par soi-même?"
@micalement,
Denis.


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J

Fort belle citation. Flamboyant dans le style, il n'aimait pas Mickey, ni Donald on dirait bien.
Moi je trouve ça drôle, tant que ça reste sur le mème genre de choses qu'un ouvrage comme 99F de Beigbeder. "Incroyablement contemporain".
merci


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S

Un auteur bien controversée et à raison que je n'aurai pas mis en avant personnellement - malgré la teneur du propos - dommage -


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B


Aucune importance.
Cet extrait est incroyablement contemporain.