Syndicats de police : découragement ou nécessité

21 Janvier 2010


  J’en ai croisé pas mal des syndicalistes, et j’ai vu de tout.
 Des feignants, des trouillards, des mauvais flics reconvertis délégués à titre de prétexte, des types avec des sourires de vendeurs de voitures, des complexés en mal de pouvoir et d’emprise sur leurs semblables, des carriéristes qui voyaient là un tremplin efficace vers la politique, et qu’importe qu’elle fut du bord opposé.
  J’ai souvent vu un corporatisme éhonté, gardiens de la paix d’un coté et cadres de l’autre, adversaires comme s’il n’y avait pas plus d’intérêts que de possibilités de combats communs. Comme s’il ne s’agissait pas du même métier, et qu’il fallait davantage jouir d’un grade que d’une vocation. Comme si la qualité de fonctionnaire de police devait primer sur celle de flic...
  J’ai vu des gens malhonnêtes, avides d’une misérable notoriété, instrumentalisant les conditions de travail de leurs collègues jamais éprouvées par eux-mêmes, pour se hisser près des caméras et des micros, ou s’imaginer important à faire les yeux doux à un ministre ou son chef de cabinet.
  J’en ai vu aussi qui étaient plus exaltés par leur propre discours que par un hypothétique résultat de celui-ci.
  J’en ai vu marchander l’avenir des uns au détriment de celui des autres, pour le prix d’une cotisation.
  J’en ai vu bander d'autosatisfaction, parce qu’un collègue les suppliait de l’aider.
 « On va voir ce qu’on peut faire… »
  Mais j’ai aussi rencontré des syndicalistes formidables.
  Moins souvent, mais j’en ai connus. Des flics qui avaient le sens du bien commun. Qui avaient réussi à mettre en harmonie profession et métier.
  J’en ai connus qui ne subordonnaient pas carrière et avancement à leur mandat syndical. Des vrais militants - si ce mot peut encore avoir un sens noble et la saveur du désintéressement. À la fois bons policiers, et représentants intègres et justes de leurs collègues.
  Des vrais flics qui envisageaient le syndicalisme au-delà de toute affinité politique. Simplement parce que l’avenir d’un métier se projette bien plus loin que le temps d’un mandat ministériel ou d’un quinquennat.
  Ceux-là qui comme nous, ont parfois cette utopie d’un syndicat unique. Parce que le métier est difficile, impopulaire, décrié, dangereux, et le sera de plus en plus. Parce que l’individualisme est un cancer, et que peut-être plus que d’autres nous avons besoin de solidarité.


  Message d’un collègue aux syndicats de police :

 « Pour ma part je vous le dis tout net, je n’irai pas voter aux prochaines élections professionnelles, parce que je n’adhère pas à ce système mafieux qui fait que l’on est muté que si l’on est syndiqué.

  Quelle belle vidéo que celle vantant les reculées de nos acquis et encore une fois, faisant la comparaison entre syndicats (nous on fait ça, voilà ce qu’on fait les autres, votez pour nous!) qui nous demande de nous battre pour des réformes qui sont déjà en place, comme si on devait prendre le train alors qu’il est déjà arrivé en gare.
  Je ne crois plus aux belles paroles. Preuve en est, un de mes gars qui vit séparé de sa femme et de sa fille depuis deux ans, alors qu'elle est fonctionnaire d'état et attend son mari dans une caravane parce que nos salaires ne nous permettent pas de vivre mieux. Les syndicats s’occupent de son dossier parce que je pensais - naïf que je suis - que c’est l’administration qui nous mute, mais non... On lui promet la mutation s’il prend sa carte, appelez ça comme vous voulez, moi j’appelle ça du chantage.
  J’en profite, mes chers syndicats, pour vous remercier de votre engagement à tâtons dans les conseils de discipline, parce que chez nous la deuxième chance n'existe pas, on vous laisse sur le bas côté, sans solutions de reclassement, certains finissent vigiles en supermarché, avec le ricanement des gens que vous avez arrêtés.

  Pour finir de vider mon sac et que chacun comprenne bien : le 6 janvier dernier à Chessy, je faisais partie de cette haie d’honneur avec une poignée de baqueux, et nous avons pu constater encore une fois l’intérêt que nos syndicats ont porté à cette affaire.
  Aucune déclaration ou protestation, j’ai appris la cérémonie grâce à facebook, rendez vous compte... Pas de témoignage de solidarité affiché dans les commissariats. On m’a demandé de faire suivre par mail la date de la cérémonie aux syndicats afin qu’ils préviennent un maximum de gens. On attend encore le communiqué !
  Quand je vois que certains d’entre nous se posent la question de la raison de notre déplacement sur place, et qui ne savaient même pas qu’un Major était mort dans l’exercice de ses fonctions, je me dis qu’on est mal barrés.
  Je n’ai pas à me poser cette question quand je passe chaque jour devant la stèle des policiers morts pour la France.

  À cette cérémonie, j’ai vu des policiers avec leurs enfants en poussettes bravant les moins 5 degrés, parce qu’ils voulaient honorer une dernière fois un homme de 52 ans. On nous a donné le choix entre être parqués dans un gymnase, plein à craquer ou rester dehors, la cour du commissariat de Chessy étant trop petite pour accueillir ministre et feuilles de chênes, agglutinés derrière lui pour la photo.
  Ordre, contre ordre et désordre parce que le "protocole" nous interdisait de nous aligner le long du cortège et du cercueil. J’ai vu des policiers prêts à en venir aux mains avec un commissaire qui voulait nous interdire de passer. Aucun responsable syndical présent pour organiser la présence de mille policiers, ils étaient sans doute eux aussi dans la cour du commissariat.
  Et le summum, pour finir, j’ai vu un CRS en fin de carrière, faisant le jalonnement, me donner une chaufferette parce que nous étions transis de froid, chaufferette achetée à chaque CRS par le fils du collègue décédé, parce que ni l’administration, ni les syndicats n'ont pensé que nous serions si nombreux et que nous aurions sans doute un peu froid. Juste un détail, le fils du Major est également policier

  Alors je vous le redis, je n’irai pas voter, je n’attends rien de ces gens, mon travail me suffit. »
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P

Je souhaiterais savoir une chose de la part des forces de l'ordre... Comment supportez-vous l'image dégradante, ridicule et "neuneu" que les téléfilms policiers français donnent de vous? Dans le
passé on a vu une flic qui passait son temps à fumer dans "les enquêtes d'Eloise Rome", des gendarmes niais dans "une femme d'honneur", des agents cul-culs, alcooliques et racistes dans "PJ", ou
comme je l'ai vu ce soir, des inspecteurs qui laissent fuir un assassin potentiel parcequ'ils refusent de sauter par une fenêtre du RDC dans "les bleus..."!!! Exit les poursuites en talons
aiguilles et mini-jupes Comment pouvez-vous tolérer ça? Voilà de beaux exemples, et la réponse à une vraie question : pourquoi les jeunes ne craignent plus les uniformes...


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J

Jeune flic et ancien militaire, j'ai dû mal à me faire au syndicalisme.
A l'Armée, il y a avait des représentants de catégorie mais pas de syndicat et il y avait moins de magouilles (mutations, affectations...).
Quand on voit rien que le choix des postes en sortie d'école, j'ai l'impression d'être dans une république bananière avec des pré-affectations par des syndicats ou des relations sans aucune
compétence particulière.
Pour avoir fait l'Ecole nationale des Sous-officiers d'active, seul le classement comptait (merci Napoléon?) parce qu'en OPEX quand ta vie dépend de tes camarades tu préfères avoir les meilleurs
plutôt que les biens nés!
De plus, pour moi être détaché à plein temps dans un syndicat c'est un peu comme être un député qui passe sa vie à Paris sans jamais retourner dans son département voir ceux qui l'ont choisi pour
les représenter.
Je suis toujours choqué de voir au JT parler les représentants syndicaux (censés nous représenter auprès du ministère notre employeur mais pas devant les médias) à la place des collègues
concernés.
L'Armée est appelée la Grande muette pourtant un soldat peut parler aux médias du moment qu'il respecte son devoir de réserve.
Pour ma part, je pense qu'on a tous plus ou moins les mêmes aspirations et qu'un syndicat unique, apolitique et formé de gens de terrain élus pour un temps limité représenterait mieux le CEA.
A quand les avantages au mérite plutôt qu'au timbre syndical?
Et à quand des évaluations annuelles de la condition physique dans notre métier où cela compte?
Je pense à çà parce que quand je vois un bon nombre de délégués syndicaux, çà fait peur et heureusement qu'ils ne vont plus sur le terrain.


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L

Je suis d'accord avec toi sur les magouilles que d'autres appelleront compromis ou échanges de bons procédés...
Je suis moins d'accord sur ta vision de la représentativité. Le coup de "les syndicats parlent à notre place, c'est pas normal..." est un non-sens. Ils sont élus, désignés, pour ÇA. Ils sont censés
avoir du recul et une bonne maitrise de ce dont ils se chargent. Le syndicalisme, à la base c'est quand même une sorte de délégation de pouvoir et de parole.
Quant à parler devant les médias... qui s'y risque ? Pas grand monde.
Bref, je crois que ce n'est pas la place des syndicalistes à remettre en cause (perso, je ne vois pas d'inconvénient à être bien représentée) mais le sens du
syndicalisme.


C

Votre regard est juste; ou, tout du moins, partiellement.
On ne peut être que contre le syndicalisme que vous décrivez. De ce point de vue là, on ne peut qu'être d'accord.
Il n'est pas rare que le syndicalisme, au lieu d'être un système qui fonctionne pour tous n'est en fait qu'un système fait pour, en fait, une poignée. C'est une réalité. Oui.
Mais, une fois encore, il ne faut pas généraliser; on ne peut pas résumer la chose syndicale à "tous pourris".
Un de vos lecteurs l'a souligné; il y a des délégués locaux, qui font ce qu'ils peuvent pour renseigner les collègues, pour une question de mutation, de concours, de grade, un souci avec un
collègue, ou un supérieur. Ces collègues-là croient en ce qu'ils font.
En fait, les mondes syndicalistes et politiques se sont rapprochés, et ont finalement les mêmes défauts. Ils n'écoutent rien la base. Ils sont une poignée à discuter de notre avenir. Et sans aucune
remise en question.
Sur ce, je vous laisse; bon courage à tous.
Et, tout de même, je pense qu'il faut aller voter; on en a la possibilité. Il faut donc le faire.
Et à ceux qui ne font QUE critiquer, je dis "allez-y, lancez-vous". Il ne suffit pas de critiquer; encore faut-il oser, et aller au charbon.


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L

C'est ce que je pense, et que je dis plus haut aussi : La critique inerte ne sert à rien, on peut toujours s'essayer à la représentation syndicale. Les "y'a qu'à... faut qu'on..." n'ont jamais été
d'une grande utilité...


E

@ Philippe courageux syndicaliste mais aussi anonyme que l'auteur cité par Bénédicte :

Pourquoi croyez-vous que notre institution est devenue la nouvelle grande muette ? Pourquoi croyez-vous que notre corps civil se tait docilement devant les absurdités de nos hauts fonctionnaires du
MININT (en novlangue), devant les discours convenus de nos représentants syndicaux nationaux et devant toutes les conneries qu'elle entend chaque jour à son sujet ou sur la situation sécuritaire de
la France ?

Alors on nous rabâche le devoir de réserve en y mettant ce que l'on veut pourvu que ça fasse taire la base... Trop de bon sens, trop de vérités pourraient être explosifs !
Et ce devoir, on nous l'impose à coups de menace, de mutations dans les placards pour les plus courageux, de coalitions entre délégués syndicaux de haut rang et hiérarchie pour tuer dans l'oeuf
toute vérité bonne à dire... Voilà pourquoi peut-être ce collègue crie son désappointement de manière anonyme !

On nous rabâche aussi notre devoir, celui d'être garant des libertés fondamentales et de la République. On nous fait bouffer à l'indigestion un code de déontologie. Et pour quoi ? Pour faire de
nous des sous-citoyens de cette République ?!
Le flic est présumé coupable sans que jamais nos syndicats se mouillent la chemise pour réclamer le droit à la présomption d'innocence comme on l'accorde à la première crevure venue.
Le flic n'a pas le droit à la liberté d'expression et de pensée sans cacher son nom sous peine de sanctions déguisées, menaces, parfois syndicales !
Si les collègues sont aujourd'hui furieux contre vous, syndicalistes, ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas eu leur mutation malgré votre racket annuel... Pardon le timbre syndical.
Aujourd'hui s'ils sont furieux, c'est parce qu'ils attendent des syndicats qu'ils soient un contre-pouvoir de notre administration. Qu'ils défendent les plus méritants pour que soit reconnu à juste
valeur leur travail.

Or, les syndicaux dans la police (et la FPE et FPT en général) ne sont plus un contre-pouvoir depuis très longtemps. Ils sont devenus un des pouvoirs dans le système. Si on veut muter qu'importe
vos qualités tant que vous êtes syndiqués. Payer l'impôt révolutionnaire est le seul sésame dans la boîte. Du coup, comme les syndicats sont devenus incontournables, qu'ils font leur fortune sur
"la vente des indulgences" comme l'Eglise en son temps, ils se divisent pour récolter les miettes données grassement par l'Administration.
Et puis les syndicats ont vite compris qu'ils feraient bien plus de business en protégeant les cas sociaux de la boîte plutôt que les plus méritants et ceux qui risquent vraiment leur vie, leur
intégrité physique et de plus en plus leur job en bossant vraiment.
Comme m'a dit un jour un des chefs qui m'a formé : "si tu veux muter rapidement, faut être une sous-merde que tout le monde veut voir partir... En plus, les syndicats adorent cette manne
financière."
Tout a été dit par ce chef connu pour son bon sens terrien.

Les syndicats, à l'instar de notre administration, ont tout intérêt à continuer cette infantilisation, ce clientélisme pour ne pas dire cette crapulerie institutionnelle.
Un flic qui se tait est docile. Si les flics avaient le droit d'expression sans être menacés dans leur carrière, ils feraient tomber des gouvernements entiers.
Ce que l'on sait est explosif. Nos constats effrayants. Et notre connaissance de l'étendu du mensonge étatique trop dangereuse pour beaucoup trop d'intérêts... Les syndicats les premiers.

Et si Bénédicte a beaucoup de mesure, moi j'en ai beaucoup moins. Je n'ai connu qu'un seul délégué qui n'était pas une tanche au taffe. C'était un délégué d'un syndicat ultra minoritaire à des
années lumières de mes opinions politiques. La seule fois où j'ai eu besoin des syndicats, tous se sont dégonflé comme des merdes, sauf lui. Je lui ai dit que jamais je n'adhérerai à son syndicat
au vu de nos divergences politiques. Malgré tout il est monté au créneau avec moi. Son intérêt ? Aucun !
Il a fini par me dire qu'il n'aurait jamais pu être dans un syndicat majoritaire parce qu'à partir du moment où on a quelque chose à vendre, on n'est plus un contre-pouvoir libre. Là encore, le bon
sens d'un flic qui devrait pouvoir l'ouvrir sans subir la censure institutionnelle.

Si vous voulez arrêter de chouiner devant la mollesse de vos collègues pour les soit-disant combats que vous nous ressassez, commencez par vous libérer de l'administration en ne faisant plus partie
du pouvoir en place. Pourquoi un syndicat devrait choisir qui doit ou ne doit pas muter ?

Et si vous voulez vendre des combats auxquels les collègues adhèrent, soyez des flics comme les autres, avec des problèmes et des vies de flics. Peut-être verrez-vous que vos revendications sont
complètement à l'ouest, que vos combats n'intéressent que vous et les cas sociaux que vous protégez, quand vous n'en êtes pas vous-mêmes...
Si demain au lieu de casser mes acquis de flic de VP pour consolider ceux des postes aménagés de délégués départementaux ou autres, si demain au lieu de nous présenter vos avancées comme des
victoires alors qu'on a reculé de trois pas pour avancer de deux, si demain vous vous battez pour ce que veulent vraiment la majorité des collègues qui bossent, peut-être effectivement que
l'individualisme, la soumission au système et le côté réceptif au clientélisme que vous proposez prendra fin. Peut-être aurons-nous envie de nous battre pour cette boîte...

Parce que c'est tout de même énorme de voir que l'immense majorité des flics rentrent par amour du taffe, par volonté de servir et que cet amour, peu le perdent après les années. Mais quand la
haine de l'institution et des syndicats devient tellement forte qu'elle arrive à nous faire espérer que l'institution s'écroule sur ses fondements de merde, là on voit l'étendu du malheur !

Syndicats, battez-vous pour qu'on devienne une police professionnelle et apolitique, avec le droit de l'ouvrir dans les débats civiques. Et là, on vous suivra... Mais personne se tire une balle
dans le pied n'est-ce pas ?!

Anonyme comme toi, Philippe.


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G

J’ai reçu un nombreux courrier concernant l’assassinat du Major Patrice Point. La mort de ce policier de 52 ans père de famille n’a pas eu le même écho que la mort d’un jeune délinquant quelques
jours plus tard. Cette mort fit grand bruit dans le milieu policier mais curieusement n’a pas provoqué l’émotion des syndicats de cette administration.
J'ai conscience que je ne fais pas me faire des amis en disant celà mais tout de même, si les avocats des jeunes délinquants interviennent tout de suite pour décortiquer, critiquer, désapprouver,
contester les éventuels comportements de la justice ou du travail des policiers dans les médias avec photos de famille au 20 heures, sans compter le week-end suivant le défilé silencieux, il n’y a
pas la même célérité lorsque c’est de la mort d’un policier qu’il s’agit. Du moins c’est l’impression que les citoyens en ont.
Ma question est simple, est-ce qu’il y a dépôts de plaintes de la part d’un syndicat policier concernant la mort d'un policier ou lorsqu'il il y a atteintes physiques sur des policiers ? Pas à ma
connaissance. Sinon faîtes le moi savoir. Je l'éditerai très volontier.
Je sais qu’il y a des élections professionnelles dans cette administration et autant que je sache, rien n’indique un quelconque engagement de demande de comptes face aux agresseurs de
policiers.
Serait-il inconvenant d’imaginer que les syndicats de cette profession déposent systématiquement une plainte contre X dés lors qu’un policier subit, de par sa profession, des atteintes physiques
?
Faut-il croire qu’un policier n’a finalement que ce qu’il mérite puisqu’il est policier avec tous les risques inhérent ?
Il est possible que beaucoup hélas, le pensent dans la société civile pour autant, les syndicats qui sont des entités protégées par leurs statuts pourraient se substituer et déposer
systématiquement des plaintes.(...)
L'article est trop long, vous pouvez lire la suite sur mon blog. De tous coeur avec vous et bon courage à tous.


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L

Monsieur,
Ne le prenez pas mal, mais je ne sollicite personne pour relayer quoique ce soit.
Mon texte d’hommage à Patrice Point et coup de gueule envers médias et opinion a déjà été relayé sans que je le sache, sans qu’on me l’ait demandé, mais surtout, l’auteur en a déjà été changé
plusieurs fois, et cette cause policière a été détournée pour servir un discours politique auquel je n’adhère pas, et qui en tout état de cause est
hors propos.
Vous-même, avec vos mandats électoraux et de représentation, en êtes sur le sujet et ici au troisième commentaire (sans compter vos messages privés)... Sur votre site, vous rebondissez de façon
opportune sur la mort de Patrice Point, et faites un certains nombre d’amalgames (Dieudonné, SOS-Racisme, etc.) dont on ne voit pas trop ce qu’ils viennent faire là. Ce genre de mélange des genres
ne nous sert pas, bien au contraire. Que savez-vous des tueurs de Patrice Point ? Rien. Au risque de vous décevoir, je vais simplement vous dire qu’ils ne sont vraisemblablement ni noirs, ni
maghrébins. Voilà, c’est lâché.
La mort de notre collègue relève du droit commun : c'est un meurtre aggravé.
Il est impossible de disserter ou même polémiquer sainement, du rôle ou parti-pris des médias, des conditions de travail des policiers de terrain, des risques encourus, en se retranchant
systématiquement derrière des arguments mille fois entendus qui n’ont pour seul effet que la restriction et la stérilité du débat.
Du moins c’est mon point de vue ici, et je veille à l’appliquer. Il existe ailleurs pléthore de sites et forums où la mauvaise foi, les procès d’intention et les déferlements haineux accusateurs
sont les bienvenus.
Les médias en effet parlent davantage des décès de délinquants, vous ne nous apprenez rien. Ils en parlent aussi beaucoup plus, parce que ces morts-là génèrent systématiquement des troubles à
l’ordre public.
N’allez pas croire que les syndicats policiers (avec qui je n’ai pas d’affinités particulières) n’intentent pas d’action en justice quand il y a une qualification pénale pour le faire. Prenez
attache avec eux plutôt que de supposer.
Bref, exprimez les opinions que vous souhaitez, mais ne me demandez pas de vous servir de relais. Surtout si je ne partage pas votre idéologie.
Bien à vous.


W

Je tenais à vous dire que dans les syndicats d'enseignants ...c'est la même chose.


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P

Depuis trois jour les télés nous saoulent avec l'accident de ces 3 idiots qui ont pris la fuite devant une voiture de police. résultat un mort, et, de nouveau des émeutes voiture brûlées, policiers
blessés etc...
Pour notre représentant de l'ordre rien, presque le silence...
Si je peux me permettre, je suggère aux forces de police que pour chaque meurtre d'un policier toutes les forces de sécurité du pays s'arrête une demi - journée pour qu'enfin les femmes et les
hommes de France prennent conscience du sacrifice et des dangers que courrent les policiers.
et que nous errêtons de pleurer sur les malfrats qui de leur faute pour ne pas avoir respecté la loi sont punis par un accident qui n'est du qu'à leur responsabilité. (exemple: le jeune qui s'est
réfugié dans un local edf, ceux qui prennent la fuite devant un véhicuke de police, etc...)
cordialement


Répondre
P

juste un truc en passant la "lettre du collègue" pour les syndicat comme tant d'autres circulant sur le net...reste anonyme et c'est bien dommage. Bref je ne ferais pas d'autre commentaire.


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L

Bah.. On peut comprendre que certains n'aient pas envie de tendre le cul pour qu'on y foute des coups de pied !


J

Après 33 ans de carrière je fais le même constat que toi chère collègue. Tes mots sont justes et je peux te dire que tu as retranscrit avec exactitude mon ressenti. Je pense à tous ces faux culs
que j'ai pu croiser, qui ont embrassé le syndicalisme uniquement pour en tirer un avantage personnel "avancement rapide, mutation" etc... Bien sûr, certains vont dire que c'est humain, que la
nature des hommes est ainsi faite, alors dans ce cas je fais partie d'une espèce en voie de disparition.
Bien évidement, je ne parle pas ici des collègues qui se sont engagés dans le syndicalisme sans arrière pensée, ceux sur qui l'on peut compter, ceux pour qui l'aspect humain et l'humain passe avant
tout, pour cela et pour cela seulement je dis respect.


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E

J'ai vécu dans le monde du syndicalisme à un niveau assez élevé pendant presque 10 ans...
J'ai cotoyé les secrétaires généraux, les nationaux, les régionaux etc...
J'ai cru en ce que je faisais et j'aimais ça, j'aimais cette sensation de me rendre utile pour les collègues et rentrer dans le lard de certains chef de service où dire ouvertement à un Prefet que
j'étais contre son projet !!! Sans me vanter,je pense que si certains ont vu leur dossier aboutir, c'est parce que j'y ai laissé mes tripes et que je me suis battue bec et ongle pour eux...

Puis arrivent les brebis galeuses qui, parachutées parce qu'elles n'ont pas eu la place qu'elle voulaient dans un autre syndicat se sont vendues auprès de notre "hiérarchie syndicale" et on leur
déroule le tapis rouge ; tout en sachant que ce ne sont que des parasites qui ont tout simplement peur de reprendre "la roupane" comme ils disent si bien.Juste pour faire un beau tract mentionnant
"untel" a quitté machin et nous rejoint. Ca fait de la publicité parait-il !
Puis, ces derniers perçoivent que tu es un danger, font tout pour te nuire et s'evertuent à défaire tout ce que tu as durement construit pendant des années..

comble du comble, tu t'aperçois que ton bureau national accorde même plus de crédit à ces individus qu'à toi qui es là depuis des années.

Je n'ai rien demandé à mon syndicat, ni avancement, ni mutation ni quoi que ce soit, mon grade je l'ai eu en passant mes UV et ma mutation grace à mon ancienneté !

Alors, tu baisses les bras, lasse et usée de lutter contre des moulins à vents.. et tu repars dans ta région pour redevenir un "vrai flic", ta vocation première.

Le temps passe, les passions se calment et tu t'interesses de nouveau aux actions syndicales..
Et là, choc total, je me pose la question sans amertume si le vrai syndicalisme existe encore en province..
Délégués locaux vous dites ? Dans mon service, ils sont très nombreux, mais pas un seul n'est venu en aide lorsqu'on a eu besoin d'eux.Tout le monde sait qu'ils ne servent à rien, mais personne ne
dit rien, sûrement persuadés que leur immobilisme fait partie intégrante des droits et devoirs des délégués syndicaux..

J'ai minutieusement épluchés les professions de foi de chaque organisation syndicale et regardé comme tout le monde le nom des candidats en CAPN ou en CAPI, et surprise, j'ai retrouvé les traitres
qui m'ont fait "lâcher" mon mandat syndical, mais dans une autre organisation cette-fois ci !!!

Je sais qu'il faudrait aller voter, je n'ai jamais manqué à ce devoir depuis que je suis dans la boîte...
Mais aujourd'hui, je ne sais plus trop, je constate en effet qu'ils sont tous très loin de la réalité du terrain...
On peste, on râle on tempête parce que pour l'Admnistration nous ne sommes que des pions, mais hélas, j'en arrive à croire que pour les syndicats nous ne sommes que des bulletins..


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P

Bonjour bénédicte

Après avoir lu trois fois ton texte et m'être remis en question (comme d'habitude) je me situe parfaitement dans la deuxième partie de ton texte.
Oui on ne pas nier que beaucoup de syndicaliste en ont oublié leur fonction première qui est celle d'être flic. tu as oublié de parler de ceux qui pour éviter de retourner sur le terrain ont
préféré allez dans le camp de ceux qu'ils ont tellement critiqué! et je parle bien de ceux qui sont détachés complètement. Remarque faudrait être con pour s'en priver... tu touches ta paye de
flicard mais combien d'avantages que tu n'auras jamais en étant sur le terrain.
Alors oui je comprends complétement que pour beaucoup de collègues le syndicalisme ce n'est plus ce que c'était...car ils ont ouvert les yeux tout simplement sur les manœuvres de certains et le
comportement des autres. Mais ce qu'il se passez actuellement a toujours été coutume dans notre institution alors rien de neuf en somme.
Je pourrais évidement te pondre ici les exemples multiples pour appuyer cette dernière idée mais à quoi bon? tout le monde est capable de se documenter ou de demander aux plus anciens si toutefois
l'envie de changer les choses est presente. Comme tu le sais dans la grande majorité de nos rangs nous sommes plus enclin à nous plaindre ou à accuser plutôt que de trouver des solutions. Là est la
seule différence entre le passé, le présent et le futur de notre profession.
Ce qui arrive à ce jour n'est pas de la faute des syndicats et de leurs acteurs mais bien de celle des collègues eux mêmes ! incapable de montrer une once de courage pour défendre un collègue dans
le besoin, de s'indigner contre un patron qui agit mais pas dans le bon sens... La faute des collègues d'être devenus de vrais rapaces carriéristes indélicats préférant te mettre au chantage d'agir
pour ses fins persos sinon pas d'adhésion! combien de fois j'en ai envoyé chier pour ça? pour qu'il y est des marchands de tapis il faut qu'il y est des acheteurs potentiels. Donc ceci explique
aussi cela, les méthodes des syndicats ont changé car les collègues ont changés, c'est l'histoire qui se répète de l'offre et de la demande. Combien de fois je suis allé battre le pavé pour nos
conditions de travail, nos salaires etc... et combien de fois j'ai attendu que des collègues se bougent le cul pour venir? Non le syndicalisme policier se résume à demander à son délègue des
avantages quitte à baiser ses propres collègues et quand tu met le nez dans le caca de celui qui agit comme ça il te rétorque "si c'est pas moi ce sera un autre" a t il raison? a t il tort?
Tu me connais suffisamment pour savoir que je ne suis pas de cette nature là. Mon mandat je l'exerce pour l'intérêt collectif sur un plan local afin de pouvoir travailler dans de meilleurs
conditions : hygiène des locaux (et il y a du boulot) parc automobile donc sécurité des collègues et j'en passe... mon TPH est toujours allumé, car je préfère de loin qu'on me réveille à 4 h du mat
plutôt que d'apprendre à ma prise de service qu'un collègue s'est flingué et là aussi il y a beaucoup à dire! j'accuse tout le monde quand un collègue se tire une balle! il y a des signes
manifestes antécédents à cet acte et pourquoi personne n'agit? parce qu'il faut vite rentrer chez soi pour mater la TV en charentaise et surtout pas se préoccuper du malaise qui ronge la vie de
ceux qui sont déjà partis... des fois une parole ou une oreille attentive peut éviter bien des drames.
Un autre exemple parlant de mon comportement, pour ces élections je ne serais pas détache, je serais sur le terrain avec mon équipe et si besoin est j'exercerai mon mandat (question de priorité et
de montrer l'exemple). Alors c'est certain que je ne fais pas de chiffre comme certain, peut être tout simplement parceque pour moi chaque collègue est unique et que je ne défends pas tout et
n'importe quoi. J'essaie d'agir au nom d'une seule voix, celle de ceux qui m'ont fait confiance.
La menace actuelle? c'est certainement l'amalgame qui est fait sur le rôle que j'occupe, rôle que je prends très à cœur, parce qu'important et honorifique car quoi de plus noble que de défendre
comme un bras vengeur ce que d'autres refusent de faire. Mettre les mains dans la merde sociale ne m'a jamais rebuté. Alors j'en appel à tous les déçus, les grands moralisateurs devant l'Eternel,
les guerrieros de l'internet, les Hannibal LECTER de l'adsl d'arrêter leurs actions virtuelles et de venir nous prêter main forte dans nos actions locale ou départementale voir national quand des
bonnes volontés et des acteurs nous en manquons cruellement.
Et pour ceux qui préfèrent rester sur le banc des spectateurs...qu'ils gardent le silence à jamais!
Certains sont partis jeter l'éponge trop vite et d'autres n'ont pas les couilles de la ramasser... Pour ma part je continue d'agir même si cela s'apparente au rôle de DON QUICHOTTE.


Répondre
E

Béné,
Je relis à froid mon précédent message, je te prie de m'excuser de ma virulence, mon message n'est pas destiné à être brutal.
En ce moment, je vois passer pas mal de collègues qui viennent me rabacher les mêmes vieilles histoires, qui ne sont parfois pas si vieilles que ça, de mutation et promotion.
Je suis à mon niveau local, j'interviens comme je peux, quand je peux, avec ce que je peux sur des tas d'autres sujets, et le ressenti est réduit à pas grand chose à cause de cette perception que
certains ont de nos t^tes pensantes.
Je vois bien ce que tu évoques par des passages au choix immérité, mais je vois aussi des éléments positifs quand on arrive à sauver la tête d'un collègue en difficulté.
Mon propos est à prendre comme "ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain". Merci de ton blog !


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L

Je ne l'ai pas du tout mal pris ton message, et à vrai dire j'espérais la réaction d'un délégué (et puis pour être sûr de se faire comprendre, il faut mieux être un peu trop brutasse et virulent
que tiède, non ? :) ) Je suis en phase avec ce que tu dis, et je sais que le niveau local est peut-être le pire à assumer, tant il peut aussi te mettre en porte-à-faux. Genre, tu rends des comptes
sur des décisions ou des inactions de permanents du BN avec lesquels t'es pas nécessairement d'accord, et en même temps tu te bagarres pour qu'il y ait du savon dans les chiottes ou qu'une TV soit
enfin réparée. Et avec ça tu bosses comme et avec les autres, bref.
Ceci dit, n'importe quel collègue syndiqué se satisfait en premier d'une décision qui le touche personnellement à court terme et améliore sa situation (mutation, avancement) et apporte moins
d'attention aux négociations à plus long terme et à portée collective. En même temps, c'est une attitude humaine.
Mais tu sais bien aussi qu'une décision objectivement inéquitable entache durablement la crédibilité d'un syndicat. Et aussi que, quelque soit l'affiliation syndicale, tout le monde déplore un
manque d'unité. C'est ce qui me fait espérer. Il y a en fait toute la matière première requise pour faire quelque chose de fort. Laisse-moi rêver, allez...


E

Pour ma part, je n'ai pas de position tranchée. J'appelle à voter, parceque je ne crois pas en une gestion purement administrative des fonctionnaires.
Ne voir que les questions de mutations pour ces élections, c'est se cantonner au glaçon qui surplombe l'iceberg.
C'est nier que les syndicats se battent tous les jours, toute l'année, sur des questions pratiques de condition de travail, sur des aménagements d'horaires, des ergonomies de bureaux ou labos, des
notes explicatives sur l'utilisation des CET, des synthèses lisibles sur les lois et règlements appliqués aux collègues, des réunions de concertation sur des cas particuliers ou généraux que
certains collègues ne veulent pas, ou ne peuvent pas aborder seuls face à l'administration sereinement.
C'est balayer d'un coup tous les efforts faits pour améliorer le quotidien dans les commissariats, les courriers pour obtenir des coins café, des budgets hygiène et sécurité pour aménager des
espaces sociaux de restauration, des discussions sur la revalorisation des primes, des concertations pour l'harmonisation et l'organisation du recrutement et des concours, des échanges sur les
méthodes de travail d'un srij à l'autre, l'écoute et les conseils des collègues manipulés par leur chef, les heures passées en CAP et CTP pour essayer de défendre des collègues ou améliorer leur
quotidien.

Alors oui, y'a des chiens galeux, comme partout, y'en a qui ne pensent qu'à leur gueule, mais putain tu fais quoi, toi, pour améliorer le quotidien de tes collègues ?
Parceque moi, tout ce qu'il y a au dessus, ces heures passées à rédiger des mails et des notes, et à mettre à jour le panneau syndical, je le fais que pour les beaux yeux de mes sympathiques
collègues qui n'en branlent pas une et ne pensent -eux- qu'à leur gueule quand ils prennent leur timbre l'année où ils demandent leur mutation. C'est un peu facile de critiquer l'action lors des
mutations quand les adhérents ne tiennent compte que de ça quand ça les arrange.

Un collègue d'un syndicat (au cas où ça ne se serait pas vu !)


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L

Cher collègue,
Dans la mesure où ce que le collègue exprime est le ressenti d’un très grand nombre, je ne trouve pas déplacé d’avoir publié sa lettre.
Tu ne peux pas nier qu’il y a une mauvaise perception du syndicalisme policier "en général", et que celle-ci ne peut pas incomber qu’aux adhérents déçus. Les syndicats – ou certains syndicalistes –
peuvent aussi faire leur autocritique, il me semble...
Quant à ma position sur le sujet, elle est entièrement résumée dans le titre. Découragement ou nécessité.
J’ai moi aussi eu un mandat syndical, et je n’ai pas compté mon temps passé à rédiger, passer dans les services, etc, et en faire bien plus que ce que me permettaient les exemptions syndicales. À
cette occasion, j’ai d’ailleurs fait le triste constat que ce mandat était la seule façon que le patron m’ouvre sa porte et m’écoute.
Je suis la première à dire que le fait syndical appartient à tout le monde, et que quand on est lassé de critiquer et de gémir, on peut aussi tenter à son tour la représentation syndicale et le
faire de façon désintéressée. Au moins quand on a essayé ou au pire échoué, on peut parler en connaissance de cause.
Mais il y a certaines choses qui sont de l’ordre du constat.
Par exemple, quand j’ai fait ma scolarité d’officier (OPx à Nice à l’époque) nous avons vu arriver une vingtaine de b/c nommés "au choix" sur dossier. En deux mois d’école, ils étaient tous
titulaires et retournaient dans leurs services d’origine, généralement des bureaux nationaux de syndicats et des directions centrales. Aucun d’entre eux ne pouvait décemment nier l’origine de cet
avancement "miraculeux"... Et des exemples comme ça (postes réservés en sortie d’école, avancements supersoniques, mutations instantanées, etc.) j’en ai des tonnes. Et je pense que les syndicats
devraient simplement s’interdire ce genre de manœuvres qui leur font perdre crédibilité et confiance.
Ceci étant, les syndicats sont le vecteur obligé de toute négociation avec l’administration, et ce serait banal et attendu de dire que celle-ci joue très astucieusement des divisions.
Tu sais comme moi que le rêve de tous serait l’émergence d’un mouvement unique et solidaire, de revendications et mouvements unitaires, qui en plus pourraient exister vu le fort taux de
syndicalisation dans la police.
Bref, loin de moi de nier l’abnégation et le désintéressement de certains délégués syndicaux, pas plus que l’individualisme et l’opportunisme de certains adhérents.
Je te remercie pour ton commentaire.


A

Et après les syndicats se demandent pourquoi il y a de moins en moins d'adhérents !
Je suis pas sûr que cela va vous réconforter mais c'est partout pareil !


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J

Chère Béné,

Je connais ton nom, car nous sommes maintenant un certain nombre à le connaître dans la profession. Tu ne connais pas le mien véritable. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Une fois n’est pas
coutume je me permets de t’envoyer une lettre à toi, sous forme de commentaire sur ton blog.

En effet, les élections professionnelles 2010 approchent et je me suis tellement abreuvé de tracts syndicaux que j’en suis repu, voire refluant. J’avais envie d’écrire quelque chose à ce sujet mais
je constate que tu m’as pris de court et d’une très belle manière comme à ton habitude.

Je crois que je t’en avais parlé, il y a déjà plusieurs années que je ne suis plus syndiqué. Et je me demande encore pourquoi je l’ai été. Mais comme je suis un bourrin de campagnard, j’ai quand
même pris la peine de lire tous les tracts et tous les programmes de tous les syndicats qui ont pris la peine d’imprimer deux ou trois conneries histoire de marquer le coup.

Et le résultat est à pleurer. Il y en a dont je ne connaissais même pas l’existence ! Je suppose qu’ils ne descendent de leurs tours ensoleillées qu’au moment des élections. Franchement, je n’ai
pas trouvé d’autre explication. Et j’ai croisé dans leur programme des revendications concernant des tranches de notre corporation (enfin je le suppose) dont je n’avais non plus jamais entendu
parlé.

Il y en a un, dont j’ai oublié le nom (vu que je m’en contre carre ça doit jouer sur ma mémorisation) qui ciblait environ la moitié de ses revendications sur l’amélioration des conditions de
travail de moins d’un pourcent des fonctionnaires de la police (si j’ai bien compris ça ne concernait même pas des policiers en fait).

Quant aux deux majoritaires ça se résume approximativement à : « Bouh ! Bouh ! Il est pas beau, regardez qu’est ce qu’il a fait c’est pas bien ! C’est pas moi c’est lui ! C’est pas lui c’est moi !
Bouh ! Bouh ! ». Rien, zéro, nakach. Des phrases coup de poing comme n’importe qui aimerait en entendre. Des promesses, du vent, et dans deux semaines on remballe tout et nous n’entendrons plus
parler d’eux jusque dans trois ans.

J’ai un profond respect pour les délégués locaux. Ceux qui continuent à exercer leur métier et qui font du syndicat sur leur temps libre. Ceux qui te répondent quand tu ne sais pas à qui poser la
question qui te tracasse. Ceux qui t’accompagnent quand tu vas te faire remonter les bretelles sans vraiment savoir pourquoi. Oui, ceux là j’estime qu’ils méritent encore le nom de collègues. Mais
le reste…

Il y en a qui les appellent des marchands de tapis, généralement j’emploie des termes beaucoup moins courtois et beaucoup moins élogieux. Ils font leur commerce de ce qui ne devrait pas faire
l’objet de négociations. Dès que l’on s’écarte du niveau local, ils n’ont pas mis la tenue, les pieds dehors ou le nez dans une procédure depuis des années. Ils ne méritent plus, parfois n’ont même
jamais mérité le nom de collègue mais vont tout de même aller négocier l’avenir de ceux dont ils ne connaissent plus le quotidien. Et ça me fait proprement gerber (oui avec un peu d’entraînement,
on arrive à gerber proprement).

Comme tu le devines, je suis un fervent syndicaliste.

Bien à toi chère Béné, merci d’ouvrir la voie en donnant de la voix.


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T

Chapeau bas pour le texte de ce collègue. Il mérite sa place dans les salles de repos loin des autres tracts.


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O

Je vois les mêmes tous les jours à mon boulot. Je crains que le syndicalisme soit ainsi, tout simplement, tout tristement. Alors je ne regarde que les gens formidables et ça ne me fatigue pas
beaucoup le regard, j'en conviens.


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N

Le Snop a fait un communiqué; c'est un syndicat d'officiers; son secrétaire général considère que, dans le malheur, les membres du Corps d'encadrement et d'application sont avant tout nos
collègues.
A méditer...


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L

C'est bien, c'est charitable. Mais si on pouvait aussi se considérer comme collègues sans attendre d'être dans le malheur... La notion de collègue faisant partie d'un autre registre que
celui de la répartition des responsabilités aussi appelé hiérarchie.

PS : je rajoute ton lien :)
Obsèques du Commandant
Patrice Point