Grève du zèle

24 Juin 2006

  Il y a longtemps. Un été tranquille au boulot. Notre ambitieux officier nous avait oubliés au profit de son déroulement de carrière. Plus souvent à courtiser la hiérarchie et les syndicats, qu’à nous soutenir. Aucune reconnaissance du travail accompli et des risques encourus. Permissions et départs avancés refusés, histoire de démontrer les effets faciles et immédiats de ses galons tout neufs. Alors, on s'est mis en grève. À notre façon.
  Quand on était de service l'après-midi, on emmenait le pique-nique et on allait s'installer derrière un camp de Manouches, là où personne ne nous trouverait. On jouait à la pétanque. Mes collègues se mettaient torse nu, et se chopaient des coups de soleil.
  Si on était appelés pour une intervention grave ou urgente, ou pour des collègues en difficulté, on y allait, mais on ne chassait pas.
  Avant de rentrer à notre base, on prenait l'apéro chez les Manouches, tranquilles, à parler de nos vies, installés confortablement sous l'auvent de la caravane, à regarder le soleil d'été se coucher sur la Seine. On se serrait la main, on s'embrassait en promettant la bouteille de pastis et les pistaches du lendemain.
  De belles vacances d'été...

texte extrait de Flic, chroniques de la police ordinaire

Bénédicte Desforges

#chroniques d'un flic ordinaire

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