Article 13

21 Octobre 2008

  Ça m’est revenu en quittant le ministère de l’Intérieur hier après-midi.
  J’y étais allée pour rapporter un dossier de candidature pour l’accès au grade de capitaine, que j’avais reçu un vendredi. La date limite étant le lundi suivant, je n’avais d’autre choix que d’oublier la poste et le rapporter moi-même, et très vite, tout en me disant que si l’administration avait voulu que je ne fasse pas partie de la liste, elle n’aurait pas pu mieux s’y prendre.
  J’ai reçu un accueil conforme à ce que j’attendais. Froid.
  « Vous allez donc mettre fin à votre disponibilité ?
  - Oui.
  - Demandez-vous à rejoindre une autre direction d’emploi ?
  - Non.
  - Vous ferez un rapport dans les délais réglementaires, mais le plus tôt possible sera le mieux.
  - On m’attend au tournant.
  - Bien sûr que oui.
  - Mais comment le savez-vous ?
  - J’ai vu votre dossier. »
  Je n’ai rien demandé. Je n’ai pas demandé à voir mon dossier. Il y a quelques années, je l’avais fait, et on m’avait mis entre les mains quelques documents totalement inintéressants et formels. Des arrêtés de titularisation, d’affectation, mes notations annuelles, et un amusant bulletin de retard tout droit venu de ma préhistoire à l’école de gardiens de la paix, peut-être le présage d’une carrière indigeste. Ce jour-là, j’avais été absente toute la matinée, dans l’impossibilité d’être à la fois en cours, et la tête dans les chiottes en train de dégueuler les derniers morceaux d’une intoxication alimentaire attrapée dans une des cantines de la préfecture de police, affectueusement appelée Le Rat Mort. Voilà de quoi était fait mon dossier officiel. L’autre, le dossier qui dit tout, on m’avait fait comprendre que je ne pourrai pas le voir, à défaut d’avoir un treuil à disposition pour le sortir du placard où il était rangé, et où accessoirement, il aurait été de bon ton que je le rejoigne. Plus sérieusement, on m’avait dit qu’il n’y en avait pas d’autre.
  Depuis des années, quand quelqu’un évoque mon dossier, j’ai le sentiment qu’on me parle d’un casier judiciaire sans espoir de prescription, dont je ne connais pas un contenu qui m’accuse.
  J’ai laissé dans un bureau du ministère des formulaires signés de mon intention de revenir à la maison, et je suis sortie à l’air libre. Le planton m’a dit qu’on avait de la chance, qu’il faisait beau, et je lui ai répondu qu’il faisait meilleur dehors que dedans.
  Et je suis repartie vers les quais de la Seine avec une boule d’angoisse aux alentours du cœur, une sorte de vertige qui ne m’était pas inconnu, comme une lame de fond acide qui va faire mal à la mémoire dans l’instant d’après.

  Ça m’est revenu avec la brutalité d’un coup du passé qu’on a pourtant pris soin d’étouffer et de laisser à l’écart, et qui sans crier gare, arrache toutes les barrières du refoulement. Et qui vient me surprendre, là, ce jour-là, à quelques mètres d’un planton qui s’emmerde devant un ministère après vingt-cinq ans de carrière. Qui vient trouver de l’écho dans mon présent d’amnésique, et grincer qu’il n’y a pas d’oubli. Un oppressant sentiment de tristesse et d’échec, qui colle à mon insignifiante histoire de flic et à mes résistances dérisoires face à des tracas qui n’ont fait de tort qu’à moi. Et qui n’ont servi à rien.

  C’était il y a longtemps, pourtant.
  J’ai signé en bas d’une feuille que j’avais pris connaissance de ma mutation.
  J’ai signé que je m’en allais, et qu’aucune obstination, aussi juste et légitime soit-elle, n’aurait gain de cause face à la machine.
  J’ai signé et accepté malgré moi, que mieux vaut une petite injustice qu’un désordre.
  J’ai signé que dans tout ça, je n’étais rien. J’étais un matricule à six chiffres.
  J’ai signé l’application de l’article 13 d’un vieux décret de 1968 qui dit simplement, évasivement, sans peser ses mots, que le fonctionnaire des services actifs peut, lorsque l’intérêt du service l’exige, être déplacé ou changé d’emploi.

  Je demandais « Pourquoi ? Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »
  On me répondait invariablement « Vous le savez très bien. »
  Mais je n’en savais rien.
  J’ai demandé à passer en conseil de discipline, je voulais qu’on m’explique et pouvoir me défendre, je voulais la vérité. Mais comme je n’avais pas commis de faute professionnelle, ça n’a pas été accepté. Je suis donc partie dans l’intérêt du service.

  Je ne suis pas allée très loin. L’arrondissement d’à coté. D’un point de vue autre que le mien, cette mutation ne semblait pas être une sanction bien méchante.
  J’ai été accueillie là-bas par un capitaine. Il m’a dit « Je vais te montrer ton bureau » et on est montés dans l’ascenseur. Avant, je n’avais pas de bureau à moi, on partageait tous le même, et mon armoire était une malle en fer cadenassée et posée par terre.
  On est entrés dans ce bureau, je me suis approchée de la fenêtre, j’ai un peu poussé le rideau et, je ne suis pas parvenue à m’en empêcher, j’ai chialé comme jamais je ne l’avais fait devant un inconnu. Il m’a mis la main sur l’épaule, c’était tendre mais cruel aussi, et il est sorti de la pièce.
  Je continuais à regarder par la fenêtre. J’étais bien sur l’arrondissement d’à coté. Je voyais des gens marcher sur les trottoirs, presque les mêmes qu’avant, je voyais aussi les gyrophares sur les toits des voitures garées devant le bâtiment.
  Mais j’étais à trois étages au dessus de la rue.
  Plus rien ne serait jamais pareil, ce jour-là je l’ai compris.
  Quelque chose venait de finir.
  J’ai ouvert ma malle en fer cabossée, il y avait dedans toutes sortes de documentations, leurs mises à jour, mes rapports d’intervention et ceux de ma brigade. Ma brigade, à qui je n’ai pas pu dire au revoir ce matin-là, à six heures et demie, pour faire comme si de rien n’était, comme si ça devait continuer toujours. Alors que c’était mon dernier appel, et que je le savais déjà.
  J’ai regardé mon travail inachevé, et j’ai rangé ce qui ne me servirait plus.
  J’ai rangé un flic, et je l’ai enterré sous tout un tas de rêves.
  Et j’ai refermé la malle pour les faire taire.

extrait de Police Mon Amour

Bénédicte Desforges

#chroniques d'un flic ordinaire

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K

Trés touchant et tellement parlant tellement vrai je n'ai pas autant d expérience que toi ni le même vécu professionnel mais ô combien je me vois dans ce que tu écris....Courage


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K
Chere Benedicte,

Excuse le manque d'accents, mais je t'ecris actuellement du pays d'Obama, et leurs claviers manquent cruellement de cette ponctuation.

Je ne sais trop pourquoi j'ai besoin de te conter rapidement mon histoire, mais quelque chose me dit que c'est ici que je suis sense le faire.

Je m'apprete a abandonner, dans deux jours, un metier d'ingenieur ici aux Etats-Unis, pour rentrer au pays et tenter le concours de gardien de la paix. J'aime a penser que notre societe n'est pas completement consumee par le sacro-sainte "argent", et j'aimerais beaucoup voir plus de personnes faire ce dont elles revent, plutot que de faire quelquechose qui rapporte (beaucoup) d' "argent". Bref, voila, c'est tout pour ma petite contribution a ton blog si plaisant. Je te souhaite une jolie vie.

Un jeune homme.
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A
Bonjour Monsieur,

je suis tombé par hazard sur votre site j'ai adoré sa fais trois heures que je suis dessus.

j'ai aimé vos histoires et surtout celle la on diré que vous avez vécu sa car cette histoire dégage beaucoup d'émotion.

j'espère que c'est juste une histoire et non une réalité pour vous car moi même plus tard je souhaitrais être dans la police et j'aime trop le terrain je ne voudrais pas changer de poste comme sa.

Je vous en courage pour votre site et bonne continuation.
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L


Bonjour Aïcha,
Je suis unE flic ! :P
Et cette histoire est complètement vraie, comme tout ce qui est raconté sur ce blog.
Je te remercie de passer, et d'aimer lire mes histoires.
Et je te souhaite bonne chance si tu persistes dans ton idée d'être flic.
:o)



B
Alors? Tu rentres à la MAISON Oui ou non? Et où?!
Parce qu'à un moment, faut atterir...où alors on t'a fait comprendre qu'il le fallait..le serail n'est accessible qu'en CDD...Chez nous, tu es en CDI!
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L


En fait, oui, on m'a fait comprendre des trucs...
Là, je suis un peu entre le coeur et la raison. C'est pas facile.



M
Ton cas administratif est sans doute déjà entendu.
Les dossiers personnels consultés par les fonctionnaires de police sont toujours évidemment incomplets. Et quand bien même tu aurais signalé dans la rubrique "ad hoc" de la fiche de consultation qui accompagne ton dossier qu'il y manquait des pièces, tu n'aurais jamais eu de réponse. C'est une expérience que j'ai tenté. A l'heure des vapeurs de vierge au sujet du fichage des citoyens, les policiers eux-mêmes n'ont pas accès aux informations que l'administration collecte sur leurs propres comptes. C'est une évidence pour nous, mais tu as raison de le souligner ici. Quant à ton retour annoncé dans les rangs de la "grande maison" (sic) il doit sans doute être motivé pour des motifs qui te sont propres mais je doute que cela soit un chemin aisé. Je n'en ai pas eu le courage, j'ai donc fini par démissionner. Solidarité et prudence à toi.
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L


Merci Marc...
C'est vrai que toi, tu connais la musique aussi, pas besoin de te faire de dessin.
C'est vrai aussi que Edvige est une petite rigolote aux pures intentions quand on sait tout ce qui traine dans nos placards... Les RG avaient rendu visite à mon éditeur, ils ont du passer pour
toi aussi, j'espère qu'on leur a filé un bouquin à l'oeil, j'ai rien de plus à en dire.
Bref. En fait, je ne sais pas ce que je vais faire. C'est pas simple.
Encore merci :o)

Pour les autres : Marc Louboutin, ex fonctionnaire de police, est l'auteur de Métier de Chien.
Une analyse et des récits authentiques et peu complaisants sur le métier et l'institution Police.
À lire.



L
salut Bénédicte,
tu souhaites mettre fin à ta mise en disponibilité pour réintégrer ton job or l'institution te fait comprendre que tu n'est pas la bienvenue? C'est ça?
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L


En gros, c'est ça.
Mais bon, raisonnablement l'hypothèse lance-flammes était plus plausible que celle du tapis rouge.



N
Je ne suis pas flic. je suis tombée sur ce site par hasard. du coup je le garde dans mes favoris. je reviens :-)
vous ecrivez super bien. un rythme haletant et rapide. de vrais polars, rien à envier a Michael Connelly. sauf que là c'est la vraie vie. la votre. une vie murmurée ou hurlée, tantôt caressée, tantôt claquée. on s'y croirait.

bon courage.
à très bientôt.
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L


Bon, la comparaison est très flatteuse mais très excessive, Nexuses !
Merci d'apprécier mes histoires en tout cas.
À bientôt !



S
Lorsque j'ai lu ce message, je me rends compte à quel point cela a dû être cruel pour vous. En gendarmerie j'en vois des vertes et des pas mûrs aussi, je comprends ce que vous avez ressenti. Je souhaite profondément qu'a la suite de cette épreuve, que vous poursuiviez votre carrière, ne baissez pas les bras ! je ne sais pas ce qui vous a conduit a cet déconvenue, mais ne baissez jamais la tête Camarade !
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L


J'aurais aimé ne jamais avoir à vivre ces années-là, après l'art.13, je ne soupçonnais pas l'impact, même longtemps après. Ça fait réfléchir. À plein de choses.
Je ne baisse pas les bras, ni la tête, mais il faut que je regarde les choses en face.
Votre message me touche, collègue. Merci.



P
Continuez d'écrire Bénédicte, vous avez ça vissé (très bien même) dans la peau ! Et bonne chance pour la reprise.
Amitiés de Plutoooooo !
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L


Tant que les mots viennent, et que je ne méprise pas ce que j'écris, je continue.
Merci Pluto,
Amitiés à vous deux.



L
Bonsoir Bénédicte !
Te dire que j'ai ressenti cette même boule à ta lecture ? Oui
Te dire que tu n'as pas fais les bons choix ?
Non
Il n'y a pas de bon et de mauvais choix, il y a juste ce que notre conscience nous dicte, notre coeur aussi.
Tout ce temps passé, tu as agit avec les deux. Ton livre en ai la preuve. Ce blog aussi.
Béné, tu nous as fait vivre de sacrés moments, de mémorables leçons de vie...et je n'exagère rien....tu nous en fera vivre encore...j'en suis certaine !
Moi aussi je signe le chèque en blanc, et je rajoute aux enchères une sacré bouffe savoyarde au bord du lac avec une sacré nana que j'ai aimé rencontrer !
Gros becs
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L


Merci Lolo, tu es adorable !
C'est vrai qu'il y a la conscience, qu'il y a le coeur, mais dans ce domaine particulier de la vie, il faut qu'il y ait la raison. Mais je ne regrette rien, ce serait à refaire, je
ferais sûrement la même chose. À quelques détails près...
Le livre, je ne regrette pas non plus, même si...
Je t'embrasse Lolo.



V
Shalom aleikhem

Mon bourrin ne connait pas la jungle, il a traîné ses sabots sur le golan, le sinaï et a du charger sur une ou deux manif' menées par les rouges de Télérama alors même pas peur !!

Vive Rémi, vive le canasson, vive le halva et mort aux vaches !!
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L


Vince, mon petit Vince,
Demande à ta femme de mettre l'Orchestre National de Barbès dans le lecteur, et détends-toi. L'armée rouge de Télérama est partie faire la cueillette des olives à Gaza, tu peux sortir sans
crainte. Je t'envoie le rouquin en renfort ? Ah mais non, pas possible, il dort dans son commissariat avec les rangers sur le bureau. J'ai la photo... et hop, ça aussi transmis à Edvige
pour la rubrique divers, tu sais celle où on met quelques mots sur la santé mentale.
Mes amitiés à ton cheval administratif.



O
J'ai comme l'impression que les machines administratives, comme tout "appareil constitué" sans doute, ont comme vocation première l'organisation de leur propre survie. Parce que d'elle dépendent les carrières de leurs cadres supérieurs. Et leurs salaires. Et leurs retraites. Les missions, elles passent après. Toujours après. La haute fonction publique, c'est la nouvelle Momenklatura, elle a tout le pouvoir, le plus souvent sur le politique lui-même. Et ce n'est pas vrai que de la Police, toutes les fonctions publiques sont touchées, et tous les corps de métier.
Face à ça, je ne crois pas qu'il y ait de juste milieu entre résistance et docilité. Ou bien tu joues le jeu, t'es loyale envers la machine, la hiérarchie a toujours raison, et tu construis ta propre carrière, ou bien t'es loyale envers ton esprit de service public, tu privilégies l'éthique, tu contestes des approches des supérieurs qui de toute façon ne connaissent pas le sujet vus qu'ils ne sont pas payés pour ça.
Et quand t'es cadre intermédiaire, ou bien tu fais appliquer les ordres d'en haut, ou bien tu défends tes équipes du bas. Mais c'est impossible de ménager la chèvre et le chou. On ne peut pas être à la fois dans l'action et dans la carrière. Les meilleurs gars à qui j'ai vu prendre des responsabilités ont tous finis avalés par la machine, un temps schizophrènes, puis simples exécuteurs des consignes de la DG.
Je vis ça moi aussi un peu à mon niveau, dans un endroit moins voyant et moins stratégique que la police, et j'en tire une vraie leçon sur les choses humaines.
Ces logiques rendent aveugles. Y'a-t-il donc personne qui voit les services que tu rends à la Police, par ton blog et tes écrits ? Comment tu contribues à en changer la vision, à lui rendre son humanité ? C'est des médailles, s'ils y voyaient encore, qu'ils devraient t'attribuer, pas des placards !
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L


Elle est fine et juste ton analyse de l'administration, c'est tout à fait ça.
Et sur le carriérisme aussi. Dans la police, on a tout un tas de mots et d'expressions toutes faites pour qualifier tout ça. Mais il y a les enjeux et les projets de chacun en marge de cette
conception réaliste de la fonction publique, et on ne peut pas vraiment en vouloir aux "bons fonctionnaires", c'est presque un luxe d'ouvrir sa gueule. Parce que les règles du jeu, on les connait
en arrivant.
En plus dans la définition du métier de flic, il y a une dualité délicate entre la notion de service de l'Etat ("forces de l'ordre", politiques successives et parfois contradictoires dont on
applique les règles et les lois, etc) et service public, que je traduis par "être au service du public". Et ce n'est pas forcément logique ni évident d'être les deux à la fois au même moment.
J'aurais plein d'exemples à te dire.
Le vin marocain d'Abu Nawas peut, if you want to, créer le prétexte...
Je t'embrasse.



V
Tiens, le padre don Rocaou, mafieu venitien (à moins que ce soit la couleur, vénitien ... sais plus) n'a pas encore laché sa kom.

T'as raison, il a une meuf. Finit le no life, le v'là love.

Faut pas que je fasse de HS, sinon je vais me faire modérer, alors je laisse un petit avis :
vires moi ce drapeau palestinien d'en dessous de Remi, j'suis obligé de le voir chaque fois que je présente mes hommages à ton BA.
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L


Que dalle. Je vire que dalle. Moi monsieur, j'suis pas du style à mettre un keffieh de chez H&M ou Zara sa race. Le mien il vient d'un petit faiseur de Hébron. Et tout ce que j'en pense, j'en
dirai rien là, à force d'être antisioniste on se fait traiter d'antisémite. Tu vas pas m'envoyer le Betar, hein ? Alors je laisse le drapeau, et je vire mon überchien d'extrème droite :D
Et si tu m'embêtes, je t'abonne à télérama et j'affiche ici la photo de toi en patrouille avec le canasson, avec vos airs niais. Vous êtes la honte de la jungle, toi et ton nouvel équipier.
Gaffe Vince. Hu hu !



N
J'apprécie beaucoup l'expression de ce texte... Cette conscience qui refait surface en toi... Ce sentiment très curieux, il me semble l'avoir connu... Non, les dés ne sont pas pipés, ce sont les règles... "Plus rien ne serait jamais pareil, ce jour là, je l'ai compris..." Comme le décès de quelque chose en soi (une flamme qui se met en veilleuse attendant un nouveau souffle), auquel on tenait...
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L


Oui, c'est ça.
On fait aussi le deuil d'un temps. Ou de soi-même.



D
Cà va bien, ouaip!
Clin d'oeil,
Bizes again. Denis.
Répondre
L


Cool :o)
Biz again also.



D
Salut Béné.

Un moment que je ne t'avais rendu visite.

Pas grand chose à dire. Bon retour dans le pot de pus.

Bises, Denis.
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L


Sympa de te lire par ici, Denis.
Pot de pus, dis donc, t'as l'air en forme ! O_o
Je me demande si je ne vais pas renouveller ma dispo...
Bizes itou !



A
Coucou Bénédicte,
Je mangeais un bon plat préparé par ma lili, après une bonne séance de muscul, quand soudain, hop, je vais sur ton blog en plein repas et je tombe sur ce texte...
Ben, il m'a tout simplement retourné.
Tu as un don et une sensibilité que tu réussis à faire partager.
Hésite pas à passer nous voir avec nanard sur le 1er.
Biz

ps: par contre je ne sais toujours pas pourquoi j'ai interrompu mon repas???
Répondre
L


Mais oui, pourquoi ? T'avais du poulet dans ta gamelle ?

Merci d'avoir partagé ce coup de blues avec moi en tout cas.
Prochaine fois, on partage un café sur le 1er, ça c'est une bonne idée.
Biz à toi, et transmets à Nanard
(mais pas par la voie hiérarchique, on s'en passera :D )



D
Pas loin de 23 : 00.
La malle aux regrets sonnent la charge.
Je pose mon regard sur ces quelques lignes ; sur ta vision désanchantée sur la vie et son article 13.
La famille comme il(s) l'appelle(nt) a dévoilé sa face de goule à une de nos "collègues" ; comme il(s) dit(sent). Et comme à l'accoutumée, tout le monde ose faire et s'échine à appliquer la politique de l'autruche.
Personne dans ton malheur n'a voulu te (re)lever la tête, afin de faire fuir ton malheur ; pas même les piétons qui passaient leur chemin et piétinaient sans le savoir, une vie qui se joue ; pas trop loin, à quelques étages seulement au-dessus de leur tête.
Merci encore de ton humanité. Tu l'as fait transparaître dans les mots émouvants que tu nous a livré, sans aucun consensus possible. Comme à ton habitude.
Répondre
L


[c'est chouette ça, vous arrivez à trois en renfort sur collègue en difficulté :o), ça fait chaud au coeur... Driss, Aikicop et Denis]

Driss, comme je disais plus haut, je ne pouvais rationnellement pas m'attendre à autre chose. Pour toutes les raisons que tu imagines. Mes "antécédents" administratifs et le bouquin...
Et je vais te dire mieux, ou pire... j'ai eu un coup de fil du MI dès le lendemain de mon passage là-bas. Et bien, ils ont revu ma fiche de candidature pour le grade de cpt, et finalement ça
ne colle plus. Au moins, ça n'a pas trainé... Sans commentaire.
Merci pour ton super gentil message.
Je t'embrasse.



M
Allez la jolie,le bleu (blues) ca ne va que sur ta tenue de service ou l'acier de ton manhurin. Ca va marcher, "faut z'y croire" comme dirait le p'tit Nicolas!

Pour ce qui est de la non attaque ca me rappelle un pote ceinture noire de karate qui s'etait laisse casser la tete par un loubard parce qu'il avait je cite "La trouille de lui faire trop mal ou de le tuer".
Nous rappellerons aussi le principe de Sun Tzu: "Les plus grandes victoires sont celles qui n'ont pas necessite de combat". Bon allez j'arrete mes philoghorrees a deux balles, te bisoutte et te serre les pouces.
Répondre
L


Non, ça ne marchera pas, mais c'est aussi dans l'ordre des choses (et avec le coup de fil que j'ai eu du MI, c'est même une certitude aujourd'hui)
Ton pote karateka c'est quand même une quiche, parce qu'il y a toujours une self-défense adaptée, à commencer par le 50 mètres départ arrêté...



H
Il y a des batailles qui honorent ceux qui ne les livrent pas
Répondre
L


Et bien c'est tout à fait l'état d'esprit qui se dégage de l'autobiographie de Sensei Gichin Funakoshi, from Okinawa, père du karate-do contemporain, mon maître donc, dont j'ai un portrait dans
le salon, tout le monde s'en fout je m'en doute, et qui à l'apogée de son art est capable d'approcher le paradoxe de la notion de non-combat, ce qui au mieux se traduit techniquement par le
sen-no-sen, l'attaque dans l'attaque.

(c'était pour dédramatiser)