MR 73, un film de Olivier Marchal

9 Février 2008

undefined

Olivier Marchal n’est jamais très loin dans l’ombre de Schneider, ce flic qui emporte avec lui tant de fantômes et de cicatrices à vif, que la traque et la fuite se confondent en une même exigence. Au 36 quai des Orfèvres, l’institution dévorait les hommes. Dans la visée de MR 73, c’est le passé du flic qui le broie, et lui rappelle sans répit que le présent n’est jamais une affaire classée. MR 73, ce sont des hommes et des femmes qui croisent leurs destinées et leurs solitudes. La brutalité de la vie et la violence des hommes se conjuguent aussi au féminin dans ce film d’Olivier Marchal qui explore sans anesthésie les conséquences d’un crime et la dévastation des âmes.

Si le polar, le film noir, est le prétexte de MR 73, c’est aussi l’histoire des sentiments les plus viscéraux de l’être humain. L’histoire des liens du sang, et de ceux qui se font et se défont dans le sang versé, cette étrange osmose qui peut devenir folie.

MR 73 c’est la violence de la vie et la furie de la mort. Quand l’une et l’autre traversent l’existence d’un flic, arrachant à chaque fois un bout de sa raison, pour y laisser à la place des parcelles de cœurs battants qui ne lui appartiennent pas… Jusqu’à ce que le flic n’ait plus d’autre choix que sa propre survie au milieu de ses fantômes en sursis.

MR 73 est un tableau où les sens fondamentaux de la vie jouent de paradoxes et de déséquilibres. Hommes et femmes aux intimités impossibles, familles rêvées et détruites, deuils dans l’oubli ou dans la justice, bien et mal non identifiables. Ce tableau, c’est aussi une esthétique puissante et éloquente qui donne une couleur aux tourments quand Olivier Marchal, dans les entrailles du monde policier, dissèque l’âme des hommes.
Et par les yeux et les voix des flics, par la mise en scène de ce métier, qui approche de si près tout le spectre des sentiments humains, tout le pire dont l’homme est capable, cette police qui fusionne et sacrifie, MR 73 atteint une intensité qui va au-delà de l’image.

Olivier Marchal a confié ses démons aux personnages de MR 73. Schneider et les autres portent en eux des bouts de vraies vies qui n’appartiennent pas au cinéma.
Et c’est pour ça que MR 73 vise juste. 

 
préface du dossier de presse de MR73 par B.Desforges


sortie nationale le 12 mars 2008
MR 73 le site
l'affiche

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
laisser un commentaire
P

J'ai vu ce film récemment et je suis un peu étonné qu'il fasse une telle unanimité. Je ne crois pas que la police, fut-elle marseillaise, ressemble à ça. Ni les personnages un peu trop
caricaturaux, les méchants très méchants, des ripoux plus ripoux que ça tu meurs, le gentil très fatigué et usé par la vie... La scène du bus et ses conséquences ne sont pas réalistes, la fin est
dramatiquement pathétique le héros se flingue et la fille accouche enfin, la mort, la vie (le cliché !)... C'est un film d'action un peu glauque mais pas réaliste, enfin je ne crois pas et j'espère
ne pas me tromper.
"L.627" de Tavernier et plus récemment "le petit lieutenant" ou, sur les tueurs en série, "scène de crime" sont de bons polars français avec des flics qui ont l'air de gens assez ordinaires (il y
en a même un qui meurt d'un infarctus dans scène de crime). Vous ne les avez pas aimés ceux-là ?


Répondre
B


Bon. La vérité c'est que ce truc-là j'étais payée pour l'écrire. C'est la préface du dossier de presse du film, et c'est Olivier Marchal qui me l'a demandé pour le compte de Gaumont.
J'ai donc vu MR73 en avant-première, et j'ai écrit ça. Voilà.
Sinon, je n'ai pas aimé le film. C'est du bon gros Marchal de compétition : au générique de début le flic commence à boire, il se suicide juste avant le générique de fin, et entre les deux on
s'ennuie sur une histoire le long d'un scénario anémique.
L627 c'est bien mais ça a quand même pris un coup de vieux.
Le Petit Lieutenant, c'est limite marchalien et trop larmoyant à mon sens.
Je crois que je préfère encore revoir Les Ripoux ! ^^



C
Sans doute qu'il lui tenait trop à cœur ce thriller cathartique à Olivier Marchal, et qu'il a voulu tout y fourguer : sa noirceur d'âme, son dégoût de la barbarie, son ras-le-bol de la corruption… On entend les intentions, mais l'auteur de 36 ne fait pas là du travail d'orfèvre. Loin de Melville, pourtant cité, il force le trait au point de patauger dans l'emphase (le cri du héros sous la flotte après avoir tué). Difficile dès lors de compatir envers ce flic brisé, imbibé, un zombie qui à la fois traque un serial killer et tente vainement de panser ses traumas. Même Auteuil en clone du cinéaste semble à côté de la plaque.
Répondre
C
EXCELLENTISSIME !!!!!!! Je suis allée voir ce film le jour de sa sortie en toute confiance. Je connais depuis longtemps Olivier MARCHAL. Ce film MR 73 est le meilleur qu'il ait fait. Ce film nous fait entrer dans un monde noir, dévastateur, d'une telle intensité qu'il est difficile de sortir de son emprise, une fois le film terminé. C'est sombre, glauque mais l'environnement importe peu, le but est nous identifier à SCHNEIDER, chose réussie, nous vivons l'action avec lui, avec ses tripes. Olivier MARCHAL, continuez à nous faire d'aussi bons films,car ils respirent de vérité. Vous nous faites entrer dans les entrailles de la police. Vous n'avez rien à envier aux américains. Bravo et merci
Répondre
L
bonjour, pour ma part, dès que je peux, je fonce voir ce petit bijoux, mais bon Olivier Marchal, on ne peux pas être déçu.
Bon courage a vous tous
Répondre
A
J'irai ;-)
Répondre
I
c'est aussi un film que je ne vais pas louper, comme tous les autres films dans lesquels Olivier Marchal a collaboré, en tant qu'acteur ou en tant que réalisateur!
Il donne une autre dimension au film policier... 36 a pour moi été une révélation, on a enfin l'impression d'être "dans le vrai", j'y retrouve un peu de Melville, de Deray, j'adore cet univers!

Je découvre ce blog via la sorcière et je vous remercie pour le plaisir procuré! j'ai toujours aimé ce milieu
Bien à vous
Répondre
M
Pfff ... moquez vous donc de la banlieue dans vos beaux quartiers d'bobo !!!

Quoique tu ferais bien le maître tortue ninja, tout vieux et courbé sur sa canne ... (plus que le moulinet en collant, le tacle au niveau des genoux, le banlieusard est sans pitié)
Répondre
K
bonjour !! je decouvre votre blog ....c'est une lecture tres instructive.merci a vous.
Répondre
S
Le 19 avenue de Panam à Versailles (DRPJ 78)... Vincent ressort son collant de la Brigade du Tigre attention !

Faisez gaffe au moulinet des bras quand Vincent fait de la boxe, c'est une vieille technique d'élite des moustachus de la Brigade du Tigre :P

Seule faille des PJistes de Versailles, c'est qu'ils filochent toujours en Renault Torpedo... Pas top la discrétion !
Répondre
V
Ah, j'comprends Béné ... Le 19, c'est pas aussi connu. Foutus parigot :P
Répondre
V
Hum ... j'veux pas dire, mais l'histoire dont serait tiré le scénario, comme la crim' de O. Marchal, c'est plus le 19 que le 36. J'dis pas ça par intérêt, hein :)
Répondre
D
Je note, je note.... Bises cinéphiles (excellente préface)
Répondre
M
J'ai eu la chance de voir ce film en avant-première, en présence d'Olivier et de Catherine Marchal, et d'un des acteurs du film Guy Lecluyse. Votre préface est très juste, et ce film est formidable, à voir absolument. Le débat avec Olivier Marchal qui a suivi la projection du film était passionnant, avec notamment quelques explications sur "des bouts de vraies vies qui n'appartiennent pas au cinéma", comme vous le dites. Alors merci à Olivier Marchal pour ce film, et merci à vous Bénédicte Desforges pour en parler si justement !!!
A bientôt
Répondre
S
tiens tiens tiens un fim à voir !!
à ne pas louper alors !!!
Répondre