RAID - téléfilm - Human Bomb - Terminator

16 Septembre 2007

RAID.JPG

L’info est tombée dans mon téléphone cet après-midi de la bouche d’un collègue du RAID.
Un téléfilm, pardon docu-fiction, va raconter pour la énième fois la prise d’otage qui a eu lieu dans une maternelle de Neuilly-sur-Seine en 1993 par un taré qui se faisait appeler Human Bomb, et réclamait 100 millions de francs sous la menace de tout faire sauter à la dynamite. Ça vous dit quelque chose ? Oui bien sûr, c’est un sujet redondant…
Un sujet à réchauffer par excellence. Tous les ingrédients de l’audience sont dans la recette, c’est un best-of du fait divers et on ne s’en lasse pas. Le frisson est toujours le même : la nausée. Voilà bientôt quinze ans qu’on nous le ressert.

On a déjà eu droit à tous les débats, à toutes les interprétations des faits, à tous les avis éclairés, de la version « faut buter tous les enculés, pas de quartier et tant pis pour les dégâts collatéraux » à « c’est une victime du système, il fallait l’épargner » avec témoignage scoop de la vieille institutrice du preneur d’otage « c’était un brave petit.»

En préambule à ce qui va suivre, et que ce soit clair : je ne suis pas choquée que Human Bomb ait été descendu, ni de la façon dont il l’a été.

Non, ce qui me choque est que c’est l’officier du RAID qui l’a refroidi qui joue son propre rôle dans ce téléfilm.
Au prétexte officiel de restituer à l’écran l’exactitude de ses gestes, c’te bonne blague ! Elle n’a pas déjà eu lieu la reconstitution ? On re soumet l’affaire au tribunal des émotions pulsionnelles du téléspectateur ? Avec la géniale idée du véritable tireur en valeur ajoutée à l’écran ?
Hallucinant de constater jusqu’où la récupération peut s’engluer, quand elle est au service de la visibilité de l’un et du voyeurisme des autres.
Et quelle peut être l’excitation de se mettre soi-même en scène en exterminator de téléfilm, dans un flingage à balles de cinoche… Malsain. Vulgaire. Indécent.
Déontologiquement discutable.
Tuer n’est pas jouer…

Mais quand on sait que le même ex-policier de cet éminent service d’élite sort un livre - au titre scandaleusement racoleur - sur l’affaire la même semaine, on se dit simplement que c’est une opération marketing bien ficelée.


Mise à jour du 25 septembre 2007

Zapping. C’était franchement mauvais. Pas de quoi se relever la nuit.
Daniel Boulanger : 3 secondes 47 centièmes de cagoule, la honte éthique du casting.
L’acteur Sarkozy : bien bien, c’est presque du Laurent Gerra…
L’acteur HB : touchant, il m'a fait penser à Éléphant Man à un moment.
Enfin, y’avait une nounou sympa à Neuilly, elle s’est fait dessoudée par le RAID.
(humour humour, avant le chœur des vierges offusquées…)
Et Pasqua qui vieillit bien.

Alors le prochain docufiction ?
La libération des infirmières bulgares avec C. Sarkozy ou son clone au générique ?
On parie ?

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
laisser un commentaire
L
Je ne suis pas le fils mais la fille de Daniel.
Pour commencer je tenais à m'excuser si ma conclusion a pu paraitre élitiste, je ne dis pas que les flics de la Bac et que les mecs qui bossent dans les comicos ne méritent pas le respect des gens et que leur travail est une partie de plaisir. Je pense sincèrement le contraire. J'en ai rencontré beaucoup au travers de mes parents mais aussi dans ma vie quotidienne.
Pour en revenir au sujet de cet article:
d'abord je n'ai pas signé mon premier commentaire simplement par oubli et non pour garder une forme d'anonymat stupide puisque le nom de mon père n'est plus un secret.
ensuite je reconnais m'être emportée mais j'espère que tu comprendras que c'est difficile pour une fille de 20 ans de lire sur son père certaines choses et de le voir traiter "d'opportuniste" "de mec qui veut se faire de la thune" et autre.
pour ce qui est des flics qui jouent dans les films ce n'est pas le premier même si bien entendu il a sans doute été plus médiatisé que beaucoup d'autres. Les mecs du RAID sont figurants dans le film Go Fast qui sortira prochainement et je trouve aussi honteux pour leur image que ce soit eux qui aient remis, en tenue noire, le ballon pour le dernier match stade français-biarritz.
enfin je comprends, avec aujourd'hui plus de recul, l'incompréhension de certaines personnes vis-à-vis du titre du livre et de tout le reste cependant ce flic reste mon père et j'ai vécu avec lui et certains de ses collègues des moments très difficiles d'où ma première réaction assez impulsive.

Bonne continuation et j'espère que le succès de ton livre est toujours en plein essor

Amicalement =)
Répondre
L


Bonjour Laure,
Oui, je comprends aussi ton agacement, bien sûr. Mais tu imagines bien que je connais aussi, pour les avoir approchés, les impératifs de marketing, livre ou film, ou les deux, qui ont comme
premier objectif d’être rentables. Et je sais aussi que ton père ne pouvait pas être seul à décider de tout. Le titre du livre est vraisemblablement le choix de l’éditeur...
Mais je persiste à regretter le mélange des genres. Pour plusieurs raisons, celles que j’ai dites plus haut, et le fait que le RAID n’a rien à faire dans une aussi piètre production télé.
Maintenant, si ce n’avait été son propre rôle à jouer, je n’aurais rien eu à dire sur l’opportunisme de ton père. Film + livre, bien sûr que c’était opportun, c’est ce qu’on appelle un "coup
d’éditeur", et tout le monde y trouve son compte. Et c’est vrai que la couv et le titre du livre n’annoncent pas franchement un hommage à l’ensemble des effectifs du RAID, c’est dommage.
Comprends-moi aussi quand je me fais l’avocat des flics en tenue, les anonymes des services non "d’élite". A mon sens, ils ne prennent pas moins de risques que les gens du RAID. Et peut-être
encore plus maintenant qu’il y a des GIPN, et que le RAID a le loisir d’envoyer des effectifs faire de la figuration ou le mariole sur les stades de foot. Elle est loin l’époque de l’arrestation
d’Action Directe, non ?
Et faut-il que la police soit instrumentalisée jusqu’au trognon pour laisser faire que le RAID se plie au jeu de la figuration dans un film d’action. Et d’entendre le taulier dire que ça met en
lumière les valeurs du métier, et que ça suscitera des vocations. Et bien si c’est ça, on n’a pas le cul sorti des ronces !
Merci d’être repassée par là Laure, c’est sympa de ta part.



O
Et si c etait pour lui le seul moyen d exorciser ce qu il a vecu..la boue...la culpabilite..la vindicte populaire...parce qu on ne laisse pas place au doute et au libre arbitre dans ce type d intervention...on applique mecaniquement ce que la hierachie et le systeme attendent de vous...mais ses interrogations restent scotchees au poids de sa conscience...je ne condamne pas cet homme d avoir eu a rejouer pour tuer ses demons...j espere que cela pourra partiellement l apaiser...il le merite
Répondre
A
Ce policier du RAID est mon père et pour répondre à certains c'est loin d'être un opportuniste. Il a voulu rétablir la vérité sur certaines choses et dans son livre il rend hommage à ses collègues notamment ceux morts en opération. Bien sûr il va gagner de l'argent et alors?! Ne vous imaginez pas qu'il va devenir multimillionnaire pour autant, il n'en vendra pas autant que BHL ou Houellebec. Aucun homme du RAID ne se considère comme un héros, ils font leur taffe comme ils disent et c'est tout.
Pourquoi avoir fait appel à lui pour le téléfilm? Simplement car il sait manipuler une arme, la tenir, avancer dans une pièce avec, etc... Des détails techniques qui avaient pour but d'accentuer la part réaliste du film. C'est pourquoi d'ailleurs tous les autres policiers du groupe sont joués par des hommes du RAID
Je n'ai pas aimé ce docu-fiction trop racoleur à mon gout pour autant un peu de respect pour leur travail et leur courage dont vous ne ferez sans doute jamais preuve.
Répondre
L
Donc l’anonyme, tu es le fils de Daniel Boulanger ? Pourquoi une cagoule ?Laisse-nous et laisse-moi juger, SI ON EN A ENVIE de ce qui ne nous plait PAS. Le livre écrit "avec" Dominique Rizet, ça va rapporter un peu de blé, mais là n’est pas la question. Le jour où le commissaire X à la retraite proposerait un ouvrage "Le jour où j’ai pécho Thierry Paulin", ça m’étonnerait qu’il rame pour trouver un éditeur et qu’il en vende trois, hein ? Donc, on n’imagine rien, on rend juste hommage à ce coup de marketing téléfilm+livre très bien goupillé. Les policiers du RAID ne se considèrent pas comme des héros, c’est vrai. Sauf que, quand l’un d’eux commet un livre avec un titre racoleur à la première personne, le public un peu balot que nous sommes, risque de percevoir les choses autrement. Je n’en dis pas plus, je ne l’ai pas lu, je préfère encore me fader les mémoires de Péchenard. Le savoir-faire du RAID au service d’une scène de téléfilm... Conseillers techniques ok, mais figurants, ça prête à rire. Et il y en a de ce même service qui le pensent aussi. Il a voulu rejouer son propre rôle ? Grand bien lui fasse, fallait oser. C’était aussi un argument de vente, d’audience je veux dire. Tout s’exploite. Et c’est vrai que des comédiens qui savent faire semblant de manier une arme, progresser dans une pièce et tirer, et qui plus est pas claustro dans une cagoule, la production n’a pas du en trouver. Misère. Heureusement le RAID est intervenu, et le public imbécile que nous sommes, a tout de suite perçu l’immense plus-value de réalisme générée par ces vrais faux figurants. Perso, j’avais trouvé les vrais figurants du RAID du film TAXI aussi performants, mais bon… Pour finir et à propos du courage (et soit dit en passant, personne n’a parlé du RAID mais de la daube télévisuelle.) Si les flics du RAID ne se prennent pas pour des héros, toi, évite de considérer ceux qui n’y sont pas comme des buses. Les flics de base, les anti-héros, ceux qui se font tirer dessus par jours de tempête, ceux qui ont des non-entrainements, des non-primes, de la non-considération, qui sont une non-vitrine, font preuve de courage TOUS LES JOURS. Alors ta conclusion en forme d’élitisme par procuration et de mépris, elle est en trop. Et pour le reste, je m’arrête par discrétion professionnelle.
E
Petit nouveau ici, peut-être pas bien dégourdi mentalement sur les choses de la vie et "des flics", je trouvais néanmoins certains commentaires intéressants, car l'un d'eux parlait de "vitrine", de "choix", de "mutation" par rapport au flic dont la main a tué. Sans commune mesure possible, j'ai malgré tout pensé à ce superbe film de Clint Eastwood, vous savez, La mémoire de nos pères...

On se repait de ce qu'on peut, de ce qu'on a. Et puis de nos jours, il est de bon ton de remettre tout en question, de juger, de faire tomber de soit-disant masques pour mieux tenir les nôtres =) Mais enfin !

Un blog des plus intéressants, à la verve verbeuse cinglante... j'adhère, je netvibes et je déguste :3
Répondre
M
Ca me fait penser que des scénaristes sont déjà en train de plancher sur un film retraçant l'histoire de la petite Maddie. Je ne me rappelle plus le nom des deux acteurs américains qui sont pressentis pour le rôle des parents ... vous avez dit nausée ?
Répondre
M
tu crois pas béné que ça peut donner des idées à un taré de recommencer cette histoire ???

il est où le temps des Gabin ...De funès, la grande vadrouille, la 5ème compagnie ..Lol, des films que j'ai regardés et que je regarde avec autant de bonheur ...

ou bien Jacquou le croquant mais tu étais bien jeune ma Béné ,...

La télé a fait quelques chefs d'oeuvres quand même..lesquels , euhhhhhhhh ????? attends je cherche euh ??? Belphégor ??


bon il en faut pour tous les goûts mais moi ce genre de fiction liée à un fait divers, je ne regarde pas ...et as t'on pensé aux gens à qui ça va rappeler de mauvais souvenirs ...

un bon livre c'est mieux, hein , le tien par exemple !!

à quand le prochain ma Béné ??? bisousssssssssssss
Répondre
N
Moi j'ai plein d'idées de "scenards"; tout d'abord une série policière sur des éboueurs de la ville de Paris qui meneraient des enquêtes en fouillant les containers et en perquisitionnant les déchetteries; un scenard sur une histoire désopilante sur un procureur que l'on doit absolument ramener du tibet avec ce titre "il faut rapatrier Monsieur le Procureur" ; aux frais du contribuable bien entendu.
Une autre, une histoire de famille (Chabrol pourrait s'y coller, il a bien démoli Eva Joly) une histoire entre beaufs pour un petit service au départ, une histoire banale sauf que le gendre est juge d'Instruction, et qu'il va se retrouver sur le devant de la scène, en petite tenue en train de danser le tcha tcha.
Pas serieux Monsieur le Juge et vlam ! la vindicte populaire....
Les juge par ci les juges par là!Il faut supprimer le juge d'instruction, il faut aussi supprimer le jury populaire et puis... on pourrait aussi mettre le garde des sceaux sous la coupe du ministre de l'intérieur?
OUh la les bonnes idées pour des séries tele délirantes mais attention, pas trop d'éléments "anxiogène"; la populace a besoin de "soma".
Soyez sans crainte; on va vous en donner.
Merci Salvatore (premier pistolet des Volfoni)
Heureusement que certains ont gardé l'option "reflexion".
Répondre
L
@ Arnaud et Nichevo : Hé bé ! vous avez fumé le même paillasson vous deux ou quoi ? Y'a qu'à s'associer pour faire des nanars, ça ne sera pas moins nul que ce qu'on nous inflige et on se fera patate de flouze :o) Et en attendant, vive Vic MacKey et sa brigade de choc !PS : Salvatore est un prototype, une sorte de tonton flingueur solitaire à manipuler avec précaution.
A
Moi, une fois, avec 2 autres collègues de la P.S. j'ai dansé SAGA AFRICA en tenue en plein Paris devant NOAH et, une autre fois j'ai arreté la circulation pour faire traverser Marie LAFORET tout en lui fredonnant "les vendanges de l'amour".
Je compte aussi en faire un reportage et espérer seduire un producteur qui me rendra riche et me permettra de me casser de la boite.
Bon, allez j 'arrête, je dis plein de conneries.
Salut Béné.
Répondre
S
Bénédicte, dans l'absolu, je suis totalement d'accord avec toi.
Maintenant, il ne faut pas oublier quelques détails qui remettent dans le contexte :
- Le collègue, au lendemain de l'affaire, suite au torchon de Libé et de quelques autres parlant grosso modo d'exécution sommaire (ben oui dans les films, ils auraient tiré dans la main et distribuaient des rafales de coup de tronche), Pasqua l'a remercié en le désignant volontaire pour un poste qu'il n'avait pas demandé. Maintenant il est une vitrine publicitaire comme Zidane ou feu Mère Denis. Devant cette ironie du sort, à sa place, je ne sais pas ce que je ferais... Chevalier Blanc en leur disant "fuck'em all" ou me faire du pognon sur tous ces cons ?
- Si ce collègue a eu "droit" de jouer son rôle, connaissant Poulaga, le mot "droit" est mal choisi... A mon avis, on lui a demandé de jouer ce rôle. C'est une énorme campagne de communication où on n'évitera pas l'apparition d'un maire de petite ville bourgeoise héros... hum anonyme et tout ce qui va avec.
La société de l'Information ils appellent ça...
Encore une fois, je partage ton dégoût pour ces dérives voyeuristes, cette plèbe qui se contente de pain et de cirque ! Maintenant le contexte dans lequel a été placé le collègue ne doit pas être simple. Peut-être est-ce un narcissique en manque de gloire, un crevard ou autre. C'est peut-être aussi un collègue qui se dit que maintenant il va se servir des autres après que l'on se soit bien servi de lui... C'est déontomachinement pas du plus bel effet mais bon, dans son cas, je ne sais pas ce que je ferais moi-même !
Je te dirai ça quand on me proposera une reconstitution de mon exécution de Grostyson, un pitbull que j'ai fumé et qui menaçait probablement la sécurité nationale ! :p

Mais bon, la meilleure lutte contre tout ça, c'est encore de ne pas regarder. :D
Répondre
L
@ Salvatore : AaaooOOoaaAaah ! Comme je kiffe quand on est d’accord !Et au diable le contexte, la question peut durer des décennies comme pour le flingage de Mesrine. Bien ? Pas bien ? La fin justifie-t-elle le moyen ?De toutes façons, les canards se précipitent sur tous les cadavres tièdes pour exposer leur idéologie préétablie, avant même le début du commencement de l’enquête, c’est la loi du marché, du scoop, de l’exclu, qui réclame de la barbaque.Ça, comme les fictions policières débilisantes, les reportages sur la BAC entre chien et loup pour jouer de l’angoisse du bon citoyen, et le culte du super-cop qui nettoie les méchants, c’est pas nouveau et on le sait, et on fait avec, et on subit.Mais si ce collègue-acteur d’un jour doit devenir une vitrine, c’est inquiétant. Ce rôle est à gerber. Plus discret et pas moins efficace, il y avait conseiller-police pour le scénario et le tournage. Et je ne trouve pas que cette exhibition soit du meilleur goût pour l’image du RAID vitrine de la PN, toujours soucieux de la discrétion de ses effectifs cagoulés. Bref.Et est-ce qu’il a reçu l’autorisation ? J’en sais rien. On la refuse à des flics qui veulent participer à Ko-Lantha soit dit en passant… Mais le fait est que ça ouvre des horizons nouveaux aux entorses à l’obligation de réserve, la discrétion professionnelle, l’éthique, et tous ces trucs-là qui perdent leur sens de façon vertigineuse ces temps-ci.Évitons la sbeuisation outrancière, et maintenant, laisse-moi le mot de la fin steuplait : RIP !
S
Franchement, je n'ai jamais été client de ce genre d'événements médiatiques, encore plus depuis que je suis flic. C'est une réalité plus que virtuelle, on fleurte même avec le mythe poulaguien.
Cette omniprésence de soap policiers à la TV est même de mon point de vue le signe d'une fascination pathétique de l'Ordre et de la répression. Le flic télévisuel a même une pureté eugénique, déontotruc tellement loin de l'humain condé et tellement proche des délires fascisants...

Pour autant, je ne lancerais pas la pierre au collègue du RAID. Pourquoi ? Parce que s'il se fait du pognon sur les vautours, s'il dit ce qu'ils veulent entendre en les faisant raquer, du coup moi, ça me fait presque rire... Noire !
Ce collègue n'a pas été en odeur de sainteté après son acte, maintenant il devient un demi-dieu médiatique, de la race des héros... A sa place, la déontomachin, la dignité de la fonction et toutes ces conneries qu'on nous sort que pour nous museler, je m'assoierais aussi dessus pour me faire un max de pognon ! Et c'est bien plus palpable que la reconnaissance de notre société pour sa police au moins.

La seule dignité de la fonction qu'on doit vraiment respecter, c'est celle quand on est sur le bitume (ou ailleurs mais au taffe). Notre représentation médiatique, ça fait longtemps que c'est du grand n'importe quoi. Que ça influence les gens ? Certainement... Les cons surtout !

Opportuniste, il l'est assurément. Mais ce n'est pas lui qui a inventé le voyeurisme et la fascination pour le cirque romain où l'on peut voir "morituri te salutante" entre une pub pour la pâté de son chat et celle pour envoyer du pognon aux pauvres de l'autre bout de la Terre, ceux médiatiquement attendrissants.
Ce n'est pas lui qui s'est levé un matin en se disant que sa vie mythifiée était markétinguement porteuse.
Il se sert maintenant comme on s'est servi de lui.

On va dans le mur, autant être de ceux qui pourront se payer l'airbag :p

Enfin je dis ça peut-être parce que j'ai besoin de vacances loin de mes citoyens préférés que j'adoooore servir !:p

@ Calamity Gêne :
J'adore ces grands mouvements de grand rien ! LOL
Ce qui est le plus drôle est que dans votre mouvement on parle de démocratie mais sans la présence d'un personnage représentatif d'une partie de la France... C'est beau la tyrannie molle des démocrates auto-proclamés !
Et puis personnellement, dans l'histoire, je me suis toujours méfié des mouvements qui s'auto-proclamaient démocrates : République Démocratique du Congo, République Démocratique d'Allemagne, etc.
C'est sûr qu'ils donnent équitablement un pouvoir au peuple... Celui de se taire.

C'est un peu comme ceux qui vous parlent de Liberté... Effectivement, avec eux on est libre, puisqu'on est mort ! :p

Ce qui serait bien, au lieu de vous mobiliser contre Sarkozy, ce serait de vous mobiliser POUR une idée, POUR une politique alternative... Ca changera ! Et puis vu le désert idéologique de l'Administration Sarkozy, ça n'a rien d'insurmontable :)
Répondre
L
@ Salvatore : Certes… On peut toujours prendre le contre-pied de toute critique ou opposition en arguant le fait d’un système qui génère ses propres déviances, et invite les astucieux à croquer dedans. Mais je ne comprends pas trop comment on peut, si ce n’est approuver, cautionner qu’un collègue se livre au simulacre de son propre flingage pour un téléfilm. (Et a priori, je n’imagine pas cette chose légitimée par une quelconque dimension créative et artistique comme pour les films de Marchal ou L627, par exemple.) Quant à la portée documentaire j’en doute aussi, ça ne sera qu’une déclinaison de plus de HB’s story. Je mets ça au même ground zéro que les fictions du petit Gregory de la Vologne and co, et regrettant que la maman n’ait pas joué son propre rôle, imagine l’audience… Bref, je trouve simplement la manip indécente, grossière et malsaine. En parlant de ça, je n’ai pas cherché à introspecter le système qui produit autant de merde que de fric. J’ai juste cherché une définition de la pudeur qui interdit – d’après moi – certains exercices et mises en scène. Un collègue dans un film de boules me choquerait moins… Le fait d’inclure l’auteur des tirs dans le casting, et dans son propre rôle, est loin d’être anodin. L’estampille "vu à la télé" multiplie son impact. Le garant de la réalité interprète une histoire : avec ce genre de gadget scénique, le télémerdopathe aura vite fait d’intégrer la fiction comme une mise à sa portée de vérités définitivement établies. Partant de là, tout devient possible. Pour le reste, je suis d’accord, c’est très vendeur, ça fabrique de l’audimat et de la pub.
L
Quand je pense que je galère depuis des mois pour trouver un richissime producteur qui accepterait de financer la reconstitution d'un des 1683 differends familiaux sur lesquels je suis intervenu comme un héros...ça me désole...lol
Plus sérieusement, c'est vrai que médiatiquement, la France commence à être sérieusement lourdingue...
Répondre
C
Si vous voulez connaître les médias vraiment indépendants (du pouvoir), essayez de suivre ceux qui respecteront la journée lancée par le R.D.T. (Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision), le 30 novembre 2007 : grande journée nationale sans Sarkozy dans les médias !
Et puis, souvenez vous de cette phrase de Jean Yanne : "Je ne mens jamais sauf quand je lis les journaux à haute voix".
Merci à Bénédicte pour son blog !
Répondre
B
Il n'est pas nécessaire de ne pas être aller au feu pour ne pas apprécier ce genre de choses. Qu'un tireur du RAID joue son propre rôle dans un téléfilm où il est clair qu'il va passer pour un héros contre le grand méchant human-bomb (si ce n'est pas la télévision qui fait le raccourci, ce sera les spectateurs), ça me semble contraire à ce qui fait normalement les valeurs des institutions françaises de service public et de défense du territoire, et plus d'être moralement discutable comme l'a souligné le premier commentaire.

Enfin bref, ce sera sans moi.
Répondre
S
Et bien, et bien...

Plus le temps passe et plus je suis heureuse de ne pas avoir de télé.
Répondre
F
ahhhh la bonne vieille télévision, celle qui relate TOUJOURS la vérité selon certaines personnes...

ceux qui ne sont jamais vraiment passé par le terrain "aller au feu" comme on dit, se délecte vraiment de ce genres de documentaires, de plus en plus réaliste, à l'exemple de ceux qui est fait outre atlantique...

la france à 10 ans de retard sur les américain? sue nenni, on ratrappe le retard a grand pas...

la ménagère qui compatie de la misère humaine qu'elle voit à la télé et ne remarque meme pas le clochard qui erre en bas de son immeuble, le bon père de famille qui à toujours révé d'etre représentant de l'ordre et qui veut savoir comment se passe un meurtre ou un assassinat, ou simplement le pseudo rambo qui n'a jamais fait l'armée pour x ou y raisons et qui s'y croit un peu en regardant ces "reportages" faiant comme si il y était;;.

l'être humain et ce qu'il à toujours été, un vautour se régalant de voir ce que les autres font surtout si il y a mort d'homme... surtout...

ils veulent du sang, mais ne veulent pas y etre impliqué réélement, rester dans le documentaire, le docu fiction, le reportage équivaut à regarder un bon film pour la majeure partie de télémaniaques qui ne peuvent pas vivre sans le petit écran...

l'humain est ce qu'il est... il se délecte du malheur des autres sans penser à ce qu'ils peuvent ressentir... surtout si ca rapporte...
Répondre